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Un acte de transmission
Young people, old voices
Chapeau : Après
Dialogue with Charlotte et
Sarah, Vincent et moi, Raimund Hoghe franchit le pas en ouvrant un univers pourtant très intime à douze jeunes interprètes.
Young people, old voices est un magnifique acte de transmission.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Apparence :
David BERNADAS rédacteur
Raimund Hoghe chorégraphe
hoghe-junge.jpg ()
Légende : Young people, old voices. Chorégraphie de Raimund Hoghe >photo: DR
Texte : A partir d'éléments empruntés au théâtre et à la performance, le chorégraphe allemand a construit une oeuvre très personnelle, habillant ses rituels sobres et intimistes de fragments musicaux. Du
Lac des cygnes -la partition musicale de Tchaïkovski- aux standards de la chanson des années 60 -les voix de Dalida, Seji Osawa ou Jimmy Scott, par exemple-, entre autoportrait et rituel, Raimund Hoghe installe le spectateur dans un rapport au temps complètement dilaté où la contemplation d'un action minimale, associée à la charge émotive d'une musique produit l'effet d'un narcotique puissant. Chaque spectateur a une histoire avec ces vieilles voix: débarrassé de toute effet d'ornementation, la pièce tendue de noir devient un espace de projection pour se la remémorer ou, à défaut, se l'inventer.
Avec
Young people, old voices, le chorégraphe invite douze jeunes gens à partager ce «sentiment d'une stupeur personnelle face à ce qui est simple, face à ce qui va de soi, ce qui est quotidien», ayant à l'idée de créer un champ de tension entre les générations. Endossant le rôle d'un maître de musique, Hoghe semble tisser avec son collège de six garçons et six filles -dont l'âge approche les vingt printemps- une relation que l'on devine pétrie de confiance et de respect, tant l'atmosphère qui s'en dégage respire l'harmonie. Faussement isolées, les séquences de
Young people, old voices révèlent une incontestable intelligence de la dramaturgie. Un parfait équilibre entre la joie et la mélancolie où des actions aussi simples que se coucher au sol pour écouter le son d'un électrophone, faire rouler une minuscule bille de verre, ou bien encore danser un mambo endiablé et recommencer, encore plus fort, deviennent des moments jubilatoires et empreints d'une grande poésie. L'extraordinaire est là, sous nos yeux, semble vouloir nous dire Raimund Hoghe, à nous de le saisir, de savoir l'inventer...
Ainsi apparaît,
Avec le temps -cette chanson est mise en exergue à deux reprises dans la pièce- et comme une évidence, que l'espace de représentation est devenu le lieu d'une transmission, comme une métaphore de la relation que le chorégraphe voudrait entretenir au monde. Etre ensemble et, face à la diversité, éprouver son idée de la communauté. Etre en représentation et, paradoxalement, s'interdire de mentir. Se rappeler que la raison qui motive le mouvement est plus importante que le mouvement lui-même. Accepter, comme Hoghe l'a appris de Pina Bausch, «qu'une caresse, c'est déjà de la danse.»
Après la création à Bruges, les dates de
Young people, old voices au Pumpenhaus de Münster, viennent d'être reportées aux 1er et 2 février 2003. A noter que la pièce fera l'ouverture du Festival Springdance, à Utrecht, le 17 avril, pour enfin être programmée en France début juillet à l'occasion du festival Montpellier Danse 03.
On remarquera aussi la présentation de
Sarah, Vincent et moi, le 3 novembre au Theater der Stadt de Remscheid.
Date de publication : 23/10/2002
Mots-clés : transmission, poésie, enseignement, juxtaposition
Inséré le : 25/10/2002 00:00
Thèmes : danse,