Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Qui se souvient des MJC ?
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : dossier
Genre Agenda : politique
Apparence :
Laurent Besse sociologue
Naly Gérard et Jean-Marc Adolphe rédacteur
rect_mjc.jpg ()
petit_mjc.jpg ()
Texte : Pour toute une génération, adolescente dans les années 1960 et 70, les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) ont été un tremplin vers l’expression artistique. Lieux de convivialité et d’agitation, les MJC ont tenté – et tentent encore(1) – d’envisager la culture comme une voie vers l’émancipation personnelle et collective, selon les principes chers à l’éducation populaire de « l’éducation pour tous, de tous, par tous ». Le loisir s’y mêlait à l’expression artistique, l’apprentissage côtoyait la « réception » des œuvres ; ce qui valut aux animateurs « sociocul » un mépris durable de la part des professionnels de la « Culture ».
A la naissance des MJC, juste après la guerre, ce qui prime, c’est une vision optimiste de la jeunesse ; l’éducation représente alors un levier pour la transformation sociale. Comme le souligne Laurent Besse(2),
« la perspective n’est pas celle de la démocratisation culturelle, mais le développement d’une culture entendue comme vision du monde permettant d’agir collectivement ». Dans les MJC, on encourage l’expression collective : le débat, le cercle d’études, y compris le théâtre. On y rencontre cependant des gens engagés dans la création, comme le metteur en scène Gabriel Monnet à Annecy, ou Georges Bilbille à la Maison pour tous de la rue Mouffetard à Paris, dite « la Mouffe », qui accueillait notamment un « cabaret
d’art et d’essai ».
« Dans les années 1960, poursuit Laurent Besse, on passe d’une expression culturelle au sens large, axée sur le débat civique, à des formes d’expressions artistiques. Les MJC ont ainsi joué un rôle important dans le développement de la photographie amateur. » Le théâtre aussi, d’abord utilisé dans une perspective très pédagogique, prend par la suite davantage en compte des questions esthétiques. A la fin des années 1970, même si les MJC s’ouvrent à des activités nouvelles comme la danse ou le free jazz, et plus tard le rock alternatif, leur dynamisme commence à s’essouffler. Le manque de moyens n’y est pas étranger, mais n’explique pas tout. Selon Laurent Besse,
« la critique des MJC comme supermarché d’un loisir à bon marché correspond à une réalité des années 1970 ». Surtout,
« les MJC n’avaient pas de discours construit sur la question de la culture : elles ont été contraintes de subir les critiques du ministère de la Culture, et n’ont pas eu les moyens de se défendre de la caricature qu’on leur renvoyait. »1. Voir le site des 60 ans des MJC : www.60ansdesmjc.fr
2. Laurent Besse enseigne l’histoire de l’éducation populaire à l’IUT de Tours. Il est l’auteur de
Les MJC de l’été des blousons noirs à l’été des Minguettes (1959-1981), Presses universitaires de Rennes, 2008.
Crédits photos :
Au Centre des Marquisats (future maison des Jeunes) d’Annecy. Photos : Henri Odesser.
Date de publication : 10/12/2009
Mots-clés : mjc, culture populaire, accessibilité, art pour tous
Inséré le : 10/12/2009 16:03
60 ans des MJC -
http://www.60ansdesmjc.fr
Thèmes : politiques culturelles,