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Le Living, toujours sur le pont
Entretien avec Judith Malina
Chapeau : Loin de toute commémoration stérile, la présence de Judith Malina en Avignon, trente ans après l'expulsion du Living Theatre du festival en 68, aura manifesté une certaine fidélité à l'héritage de Brecht et de Piscator.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : 2
LIVING THEATRE Metteur en scène
Bruno TACKELS rédacteur
Judith MALINA auteur
Texte : La réception du Living Theatre en France donne beaucoup à penser. Elle permet d'abord de vérifier que l'histoire de l'art est loin d'être universelle. Elle est largement circonscrite par les frontières et les territoires linguistiques. En France, il va de soi que le Living Theatre est une aventure du passé, définitivement associée aux soubresauts de mai 68. Les mieux informés se souviendront de l'expulsion du Living Theatre, contraint de quitter le territoire français en juillet 68, à la suite de mémorables «représentations» de leur spectacle, «Paradise Now». Les garants de l'ordre public n'ont pas perdu de temps pour empêcher ceux qui ne se privaient pas pour le mettre à mal. Les plus érudits se souviendront de l'insoluble contradiction politique que Jean Vilar a dû affronter lors de ces événements «d'après mai»:l 'ordre public ou la liberté d'expression. En dehors de ces quelques souvenirs, prêts à resurgir en nos temps de commémoration accélérée, le Living est juste bon pour occuper une entrée d'une demi-colonne dans les encyclopédies du théâtre.
Bien sûr, la disparition de Julian Beck en 1985 crée un vide immense. On peut penser que rien ne peut le combler. Il faut sans doute le penser. Mais il reste tout aussi vrai que la vie continue après que certains la quittent. Et le Living Theatre n'était pas fait que d'un seul homme. Dès le départ, le trajet du Living à reposé sur deux artistes, Julian Beck et Judith Malina. La mort de l'un interdit-elle automatiquement toute poursuite du travail engagé? Cette question semble ne jamais s'être posée en France. Ou plus exactement, la réponse implicite est restée sans appel: avec la mort de Julian Beck, c'est le Living Theatre en entier qui disparaît-et pour toujours.
Le scénario est assez cohérent pour tenir le coup pendant de très nombreuses années. C'est même la version la plus gratifiante: après l'explosion majestueuse et fulgurante de mai 68, les acteurs de l'événement disparaissent dans le mythe. Mais pour les spectateurs curieux de ce festival 1998, un étrange rendez-vous est venu bouleverser la logique tranquille des commémorations. «Judith Malina-revient sur le pont». La rencontre porte sur deux journées, organisées par l'Académie Expérimentale des Théâtres et France Culture. La manifestation est restée discrète, peu relayée par «le festival». Peut-être le meilleur signe qu''il ne s'agissait pas dans cette invitation d'une commération obligatoire.
Date de publication : 01/09/1998
Mots-clés : politique, Etats-Unis, spectateur, participation, liberté
Inséré le : 18/04/2001 00:00
Thèmes : performance, théâtre,