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L'art de ne pas y paraître

Fayçal Baghriche expose à Quimper

Chapeau : Le Quartier de Quimper offre à l'artiste Fayçal Baghriche l'occasion d'une première exposition personnelle. Avec Quelque chose plutôt que rien, l'adage philosophique et titre de l'exposition convient parfaitement au jeune artiste algérien : un choix d'œuvres récent où la meilleure façon d'être présent est de mettre en scène son absence. Vérifications.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : arts visuels

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Fayçal Baghriche artiste
Damien Delille rédacteur

petit_faycal_baghriche.jpg (titre : carré_Faycal / )
rect_faycal_baghriche.jpg (titre : rect_Faycal / )

du 31/01/2010 00:00 au 21/03/2010 00:00
Salle : Le Quartier, Centre d'Art Contemporain
10, esplanade François Mitterrand
02 98 55 55 77
Quimper 29000 France (Nord-Ouest)




Texte : L'installation intitulée 20 ans de peinture, réalisée spécialement pour l'exposition, concentre le plus intéressant de la pratique de Fayçal Baghriche. Dans cette ancienne caserne militaire, l'enceinte brute est restée intacte et des toiles blanches ont servi de cloisons, ayant accueilli les couches de vingt années d'expositions. Leur décrochage pour l'exposition précédente de Dector & Dupuy attire l'attention de Baghriche, qui demande à les conserver enroulées, puis les fait raccrocher, avec les craquelures, apparitions de couches de peinture et autres effets de scansion rythmiques dûs à la manipulation. Sa pratique souvent in situ donne droit à des propositions tant énigmatiques qu'efficaces, suggérant une réflexion sur le médium, l'air de ne pas y toucher. Si ce sont les autres qui font le travail, Baghriche est celui qui montre et démonte l'évènement ayant présidé au résultat. Avec Tentative de repeindre le mur de Berlin avortée par un citoyen allemand, l'artiste innocemment fauteur de trouble, décide de repeindre le mur, dont l'histoire s'est constituée par les scories culturelles d'une population séparée. Vindicte du badaud, on l'oblige à effacer ses coups de rouleaux blancs, pour préserver le graffiti. Ironie de l'histoire, le nouveau vandalisme consiste non plus à remplir le vide sinistre du monde urbain, mais à dépeindre une histoire plurielle sanctifiée. La série photographique dans la suite de l'exposition s'inscrit sur le même registre. Les agents de nettoyage de la RATP qui repeignent les tags et les camions trop hauts qui frottent le plafond d'un tunnel, provoquent des abstractions fugitives. Baghriche les met en scène le temps d'une photographie, en « auriculaire » du quotidien. Cependant, il serait tentant de gloser sur les images fantasmées que projettent ces genres de paysage. On dirait finalement peu des ressorts déployés par Baghriche, lorsqu'il déstabilise systématiquement la rectitude des choses acceptées.

>Quelque chose plûtot que rien jusqu´au 21 mars au Quartier, Centre d´art contemporain de Quimper

Date de publication : 16/03/2010


Mots-clés : Fayçal Baghriche, Le Quartier, Quelque chose plûtot rien,
Inséré le : 16/03/2010 17:12
http://www.le-quartier.net

Thèmes : arts visuels, exposition,