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Résister, combattre, découvrir

Quinzaine active. Une sélection bimensuelle d’événements à venir

Chapeau : Résister, combattre et découvrir, gardons le rythme, le mouvement ternaire d’une gymnastique du corps et de l’esprit qui deviendra petit à petit un véritable gimmick. Résister, combattre et découvrir, c’est le tempo de la quinzaine avec la Cie Amoros, Nature Theater of Oklahoma, le Groupov, Maguy Marin, Hans Van den Broeck, Gwenaël Morin etc...

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : culture chorégraphique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Genre Agenda : théâtre

Apparence :

Rubrique : Le Vrac

Gwenaël MORIN Metteur en scène
Maguy Marin Metteur en scène
Hans Van den Broeck Metteur en scène
Eric Demey rédacteur

petit_quinzaine_demey_1.jpg (titre : demey_carre / )
rect_quinzaine_demey_1.jpg (titre : demey_rect / )

du 17/03/2010 00:00 au 30/03/2010 00:00
Salle : Partout en France



du 20/03/2010 00:00 au 25/03/2010 00:00
Lille 59000 France (Nord-Est)



Texte : Résister. Des chanteurs peintres en bâtiment, des heures de conversations téléphoniques et la mort qu’on cache pour mieux produire et consommer. De la clameur chamarrée au silence sépulcral, en passant par les bavardages ordinaires du quotidien, sur tous les tons les artistes disent la difficulté de résister. Résister aux images qui déferlent par vagues et construisent, qu’on le veuille ou non, notre rapport au monde. La compagnie Amoros tend le 18 mars une grande Page Blanche sur la Place de la Mairie de Tournefeuille, couvre une immense toile accolée à une façade d’images peintes et gravées en direct par une demi-douzaine de jeunes peintres-chanteurs d’Europe. De la performance de rue pour inviter les passants à réfléchir sur l’iconophagie de tous les jours. Résister au vide de nos existences, de l’art et du théâtre en particulier. Les acteurs du Nature Theater of Oklahoma ont enregistré plus de cent heures de leurs conversations téléphoniques. Quatre heures de spectacle donnent aux faits les plus ennuyeux de la vie la dimension d’une épopée héroïque, à travers le mélange de la vacuité du quotidien et d’interrogations artistiques indéfiniment sans réponse. Théâtre-performance absolument original à découvrir au Théâtre de Gennevilliers, c’est No dice. Résister à la mort, enfin, avec l’adieu au camarade homo sapiens des belges du Groupov. Tandis que l’on vit de plus en plus longtemps, nos sociétés enterrent l’Homme sans bruit. Ou lorsque la mort contrevenant à l’injonction de jouir au présent et de se projeter sans cesse dans le futur (produire ou filer toujours de l’avant), la société contemporaine ne laisse plus de place au deuil et cache ses défunts. Un Uomo di meno est le premier volet de 7 heures d’une tétralogie qui pose sérieusement l’hypothèse de la possible disparition de l’homo sapiens. Pour porter ce projet singulier, Jacques Deculvellerie, l’auteur- metteur en scène, a invité l’équipe de création à vivre nuit et jour sur le plateau du Théâtre National à Bruxelles.

Combattre. Avec la mort qu’on évacue, l’hédonisme triomphant, la violence se retire et emporte dans son reflux l’éventualité des utopies. Le fantasme bourgeois d’une société sans heurts exclut de l’émollient besoin de consensus les dernières velléités de résistance. Et comme tout organisme privé d’ennemi extérieur, l’Homme se retourne contre lui-même. Au Théâtre de la ville : Maguy Marin présente ainsi sa Description d’un combat, celle d’un être doublement percuté, par le passé d’un côté, par le futur de l’autre, « imbriqué dans l’existence de cette césure des temps s’affrontant/faisant de ton sol d’habitation un champ de bataille ». Dans le même lieu, Hans Van den Broeck demande à ses cinq interprètes « d’en découdre avec eux-mêmes, c’est-à-dire avec leur propre sauvagerie d’humains non domestiqués » pour un We was them bagarreur. Ainsi privée d’ennemis, la violence s’évanouit dans le silence de l’intime. Mais heureusement, le combat peut aussi se faire joyeux. Au Théâtre de la Bastille, Gwenaël Morin transbahute son Woyzeck d’après Woyzeck monté dans le cadre du projet de Théâtre Permanent. Le texte de Büchner, décousu, inachevé, fragmenté en quatre manuscrits, a nécessité de « se précipiter brutalement et aveuglément dans le texte, comme des animaux fous dans les broussailles ». L’inépuisable troupe d’Aubervilliers invente depuis plus d’un an un théâtre nu et cru dont voici le dernier opus. Et c’est en ce même point de retournement du tragique en comique sous le jaillissement de l’énergie que se tiendra le Cymbeline de Bernard Sobel. Pièce de Shakespeare peu montée, peu connue, Cymbeline mêle à la cruauté d’un Roi Lear le goût pour le travestissement d’une Nuit des Rois. Un mélange enthousiasmant qui ,puisqu’il s’agit de combattre toujours, sera présenté avec sur le plateau de jeunes comédiens issus de la promotion de l’ENSATT numéro 68…

Découvrir. Troisième temps du mouvement donc, d’un mouvement gymnastique qui s’il est bien exécuté commence par la mobilisation de l’être et se termine par une projection vers l’avant, vers l’ailleurs et l’autre. Un mouvement qui pourrait se conclure avec les Zébrures, cycle de lectures d’auteurs francophones venus des quatre coins du monde. Prolongement du festival des Francophonies qui se déroule chaque automne à Limoges, émanation du choix de son comité de lecture et de résidences organisées tout au long de l’année, ces lectures se dérouleront en région limousine, et pour deux d’entre elles à l’Odéon-Théâtre et au Rond-Point. A découvrir également, l’auteur italien Antonio Tarantino, ex peintre dévoyé dans la littérature à 54 ans, qui propose un Stabat Mater interprété par Anne Mercier, collaboratrice régulière de Stéphane Braunschweig, au Lucernaire. Ou quand une maternelle et gouailleuse Marie dénonce violemment la raison d’Etat qui lui arrache son fils. Enfin au cours de festivals, découvrir de jeunes artistes et des œuvres toute fraîches : Les Repérages, rencontres internationales de la jeune chorégraphie, se déroulent à Lille, Roubaix et Charleroi, et toujours dans le Nord, Labomatics propose des formes théâtrales en développement (lectures, labos et spectacles) à Lille, Tournai et en collaboration avec la Ferme du Buisson.

>Page Blanche par la compagnie Amoros,le 18 mars à Tournefeuille, www.lusine.net
Les Repérages, rencontres internationales de la jeune chorégraphie, du 20 au 25 mars, www.dansealille.com
Nouvelles zébrures, lectures et rencontres littéraires, du 15 au 26 mars, www.lesfrancophonies.com
Labomaticthéatres, du 18 au 20 mars, www.larose.fr
Stabat mater d’Antonio Tarantino, mise en scène d’Eric-Gaston Lorvoire, à partir du 10 mars au Lucernaire, www.lucernaire.fr
Cymbeline de William Shakespeare, mise en scène de Bernard Sobel, du 8 au 30 mars à la MC 93, www.mc93.com
No Dice, Nature Theater of Oklahoma, du 25 au 28 mars au Théâtre de Gennevilliers, www.theatredegennevilliers.com
Woyczek d’après Woyczek, de Georg Büchner, du 1er mars au 2 avril, mise en scène de Gwenaël Morin, www.theatrebastille.com
We was them, de Hans Van den Broeck, du 16 au 20 mars au Théâtre de la Ville, www.theatredelaville.com
Description d’un combat de Maguy Marin, du 23 au 27 mars au Théâtre de la Ville, www.theatredelaville.com
Un Uomo di meno, écrit et mis en scène par Jacques Delcuvellerie au Théâtre National de la Communauté française, www.groupov.be


Crédits photos :
Une : No Dice, de Nature Theater of Oklahoma. Photo : Peter Nigrini.
Article : Description d’un combat, de Maguy Marin. Photo : Didier Grappe.

Date de publication : 16/03/2010


Mots-clés : Cie Amoros, Nature Theater of Oklahoma, le Groupov, Maguy Marin, Hans Van den Broeck, Gwenaël Morin
Inséré le : 16/03/2010 17:44