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Le festival Trans(e) à Mulhouse
Chapeau : Totalement imprégné de l’idée de franchir des frontières de tous les genres, qu’elles soient géographiques, disciplinaires ou bien personnelles, la troisième édition du festival Trans(e) à Moulhouse vient d’achever une nouvelle programmation polyvalente. Pendant une semaine, les spectateurs étaient invités à découvrir des univers multicolores, dont ceux de Régis Jauffret et de Rodrigo Garcia.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : critique (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Genre Agenda : événement / festival
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Laurent Greilsammer Metteur en scène
Joël Gunzburger directeur de structure
Valéry WARNOTTE Metteur en scène
Charlie WINDELSCHMIDT Metteur en scène
Eric Demey rédacteur
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Texte : La situation géographique de Mulhouse, aux confins des frontières allemandes et suisses, conduisait tout naturellement à la création d’un festival transfrontalier. Sauter au-dessus des frontières, modifier la géographie figée des cartes et des habitudes, bouleverser l’ordre des choses issu du passé et de la topologie, cette édition de Trans(e) à la Filature proposait des spectacles déambulatoires faits pour se perdre.
A commencer par
Goya. L’écriture de Rodrigo Garcia, certes, on s’y est fait. Sa dimension provocatrice, ses saillies sexuelles, sa crudité, son univers trash, son arrogance anti-consumériste, son humour, sa poésie étonnent encore les nouveaux-venus et signent pour les autres, d’une patte griffue, la facture reconnaissable de spectacles drôles, subversifs et frontaux. Dans
Goya, un homme d’une cinquantaine d’années veut emmener ses deux fils au Prado voir la beauté des œuvres du célèbre peintre. Il est prêt à tout pour cela : il a même vidé son compte en banque. Seulement, ses enfants veulent eux se rendre à Eurodisney ! Pour redoubler la longue errance de ce quinquagénaire cocaïnomane traînant ses progénitures surdouées dans Madrid à la recherche d’un taxi, Laurent Greilsammer a choisi d’emmener ses spectateurs dans un car qui traverse ces non-lieux en quoi consistent souvent les faubourgs des villes. Bretelles d’autoroute en boucles, chemins étroits en lisière de terrain vagues, pavillons perdus et façades kitsch de restos chinois forment les éléments d’un décor d’où disparaît tragiquement toute beauté, et dont la beauté réside peut-être en cet acharnement du glauque. Un no man’s land des bordures où le centre-ville s’étonnera toujours de voir des gens habiter. Y monte en chemin Xavier Brossard qui interprète seul le texte de Garcia, dans le couloir central d’un car cahotant, accompagné par les beats d’une musique électro mixée en direct par DJ T-Killa. Des trouvailles, de l’énergie, un dispositif qui ouvre les pores d’une sensibilité perdue promettaient dans ce hors-temps du voyage et le non-lieu du déplacement de désirer tous les possibles.
Le festival Trans(e) a eu lieu du 5 au 13 mars à La Filature à Mulhouse.
Date de publication : 17/03/2010
Mots-clés : théâtro-culinaires, festival Trans(e), Mulhouse
Inséré le : 17/03/2010 16:23
site de la Filature à Mulhouse -
http://www.lafilature.org/