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Les sommets difficiles de Gustav Mahler

Jérôme Bel et Anne Teresa de Keersmaeker créent 3Abschied

Chapeau : Alors qu’on espérait qu’une telle confrontation allait donner un nouveau souffle à un Jérôme Bel en pleine impasse artistique, cette rencontre avec Anne Teresa de Keersmaeker ne peut que décevoir. Elle seule, s’aventurant hors de son territoire, s’en tire honorablement.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : danse

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Jérôme BEL chorégraphe
A. T. DE KEERSMAEKER chorégraphe-interprète
Florent DELVAL rédacteur

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du 18/03/2010 00:00 au 21/03/2010 00:00
Salle : Opéra de Lille
Lille 59000 France (Nord-Est)



du 28/03/2010 00:00 au 29/03/2010 00:00
Salle : Theater an der Wien



du 12/10/2010 00:00 au 16/10/2010 00:00
Salle : Théâtre de la Ville
1, Place du Châtelet
Tèl. 01 42 74 22 77
Paris 75004 France (Ile-de-France)




Texte : Sur quelle montagne Anne Teresa de Keersmaeker grimpe-t-elle, chaussée de ces chaussures de randonnée ? La réponse la plus immédiate serait celle fournie par cette pièce des plus explicatives : les sommets vocaux et instrumentaux du Chant de la Terre de Gustav Mahler. Au centre de 3Abschied, le final de ce chef-d’œuvre post-romantique se fait entendre sous différentes formes, à commencer par un enregistrement historique, joué face à un orchestre silencieux. L’image, des plus belles sera vite interrompue, lorsque Anne Teresa de Keersmaeker appuie sur pause sans ménagement afin de prendre la parole pour expliquer par le menu, mais de manière un peu romancée, la genèse du projet. Au bout de quelques minutes, il n’y a plus de doute : nous assistons à une pièce de Jérôme Bel, tant toutes ses figures de style sont ici présentées l’une à la suite de l’autre. Ainsi, joue-t-elle ce personnage archétypal, le candide qui veut apprendre à chanter Mahler en quelques mois, faisant écho au Jérôme Bel de Jérôme Bel voulant créer une version a capella du Sacre du Printemps en quelques séances de travail. S’il fut un temps le ressort du travail critique de Bel, ce personnage est maintenant mis au service d’un monologue didactique, passage obligé pour celui qui veut faire des spectacles non plus pour faire réfléchir les spectateurs mais pour se faire comprendre. Si Xavier Le Roy imitait la gestuelle de Simon Rattle dans Le Sacre du Printemps, ici, on a l’impression d’assister à un pastiche des émissions pour la jeunesse de Leonard Bernstein. Fort de toutes les explications concernant aussi bien la biographie du compositeur que la symbolique des paroles (que le public doit lire en élève consciencieux durant cinq minutes de silence), on peut enfin écouter l’œuvre en question, entourée de garde-fous prévenant toute mauvaise interprétation. Lorsque la dernière note se fait entendre, apparaît Jérôme Bel en personne, avec sa nonchalance étudiée, qui reste maladroitement au milieu des marches menant à la scène. Ainsi, celui qui se dit avant tout faire des pièces de spectateur semble quelque part pris dans un dilemme quant à la place qu’il doit prendre. Est-il en répétition ou en représentation ? Est-il chorégraphe ou spectateur ? Cette indécision (voulue ?) l’amène à systématiquement remettre en scène les mêmes poncifs : le ratage, le dilettantisme, la superficialité, l’impasse, la redite… au point d’en faire un « genre », figé dans un formalisme personnel.

Date de publication : 26/03/2010


Mots-clés : Anne Teresa de Keersmaeker, Gustav Mahler, Jérôme Bel,
Inséré le : 24/03/2010 15:18
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