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Trois femmes

Erwartung / Pierrot Lunaire / La Voix humaine de Schönberg par Christian Rizzo

Chapeau : Au Théâtre National de Toulouse, le chorégraphe Christian Rizzo se frotte à deux œuvres majeures d’Arnold Schönberg, deux monuments de la musique du XXe siècle. Un exercice délicat…

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Christian Rizzo chorégraphe
Arnold SCHOENBERG compositeur
Jérémie SZPIRGLAS rédacteur

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Texte : Erwartung (1909) et Pierrot Lunaire (1912)sont deux chefs-d’œuvre dans lesquels Schönberg, avant même que de s’attaquer au langage musical lui-même — même si ce travail est déjà à l’œuvre depuis peu, cherchant du côté de l’atonalité et de l’abolition de l’opposition traditionnelle consonance/dissonance —, s’engage dans une profonde réflexion sur la dramaturgie. Une recherche de nou-veaux modes de représentation, à la fois extérieure et partie intégrante de la démarche, qui aboutira plus tard à l’élaboration du dodécaphonisme. Compositeur en grande partie autodidacte, Schönberg est également poète (autodidacte) et s’est mis à la peinture (toujours en autodidacte) — cette nouvelle production du théâtre du Capitole s’accompagne d’ailleurs d’une exposition aux Abattoirs d’une partie de son œuvre pictural, réunissant notamment des autoportraits, quelques manuscrits auto-graphes, ainsi que des œuvres particulièrement expressionnistes mis en perspective avec quelques dessins de Kandinsky, avec lequel Schönberg entretiendra une lon-gue et fructueuse amitié. En cette année particulièrement productive de 1909, Erwartung est pour lui une première occasion de s’essayer à une forme d’art total — ce fantasme qui anime bien des musiciens au moins depuis Wagner.
Le mettre en scène n’est pas une mince affaire, le texte lui-même — aux allures dramatiques fortement oniriques — ne présentant en outre nulle ligne narrative claire. Christian Rizzo prend le parti de la sobriété : la scène est d’une nudité blan-che et complexe, meublée seulement par quelques panneaux glissants, étroits et blancs — qui figurent la forêt dans laquelle Schönberg plonge « la femme » et sa litanie. Ceux-ci sont manipulés par des danseurs — des hommes masqués, habillés de cet uniforme que composent aujourd’hui le jean et la veste à capuche, à la fois menaçants et familiers, dans tous les cas inquiétant l’attente (l’allemand « Erwartung » signifie « Attente ») —, qui se meuvent sur la scène tels des ombres, et (dés)incarnent l’« attendu ».
De celle qui attend, en revanche, — incarnée ici par Brigitte Pinter qui livre une performance inégale, alternant fragilité touchante et phrasés gonflés et criards —, Christian Rizzo ne sait trop que faire. Sa direction d’acteur est souvent mala-droite, d’un expressionisme toujours interrompu qui tombe souvent à plat.

Date de publication : 30/03/2010


Inséré le : 30/03/2010 12:25