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Ici et maintenant

Coalitions temporaires

Chapeau : En danse, la modernité est-elle toujours sous la menace de «choréotypes»? L'émergence d'une constellation de projets chorégraphiques différents, à la géographie nomade, dessine de nouveaux enjeux esthétiques autant qu'éthiques.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Rubrique : 2

Christophe WAVELET rédacteur
Jérôme BEL chorégraphe
Alain BUFFARD chorégraphe
Boris CHARMATZ chorégraphe
Emmanuelle HUYNH chorégraphe
Jennifer LACEY chorégraphe
Xavier LE ROY chorégraphe
Vera MANTERO chorégraphe
Claudia TRIOZZI chorégraphe
Loïc Touzé chorégraphe

Texte : Depuis trois ou quatre ans maintenant, les occurences sont nombreuses qui, dans le champ de la danse, viennent battre la vieille digue des attentes standardisées, ouvrant des brêches qui ne laissent pas d'inquiéter, et vivement, et depuis des provenances multiples, le mol ordonnancement des doxae théorico-stylistiques. L'héritage des formalismes maniéristes issus de l'Europe chorégraphique de la fin des années 80 (à quoi «le champ chorégraphique» d'alors, fût-il celui de la «danse contemporaine» -syntagme figé quoique jamais défini-, ne se résume évidemment pas) fait ainsi l'objet d'examens, et même souvent d'une sorte d'obstination heuristique, de la part de chorégraphes de plus en plus nombreux. Il s'agit d'ailleurs plus d'une constellation, d'une mouvance, que d'un groupe ou d'une «génération» à proprement parler. De surcroît, les différences y sont trop marquées pour donner lieu à un énième label dans l'histoire de la danse du siècle, qui viendrait figer ce qui se voue soi même à l'instabilisable. Pourtant, et pour les citer dans l'ordre alphabétique, de la série d'événements collectifs rassemblés sous le titre de «Crash Landing» (trompeusement annoncé au Théâtre de la Ville comme étant le projet de la seule Meg Stuart, quand il s'agit d'une collaboration initiale ouvrant sur une priorité de type happening collectif) à certains chorégraphes du groupe belge Ballets C. de la B., d'Alain Buffard à Jérôme Bel ou Boris Charmatz, de Xavier Leroy à Vera Mantero, David Hernandez ou Emmanuelle Huynh, de Jon Kinzel à Jennifer Lacey, en passant par Thomas Lehmen, le groupe Swedish Fame, mais aussi La Ribot, Loïc Touzé, Claudia Triozzi, Christine de Smedt et bien d'autres encore, la carte se dessine et s'étend joyeusement de ces danseurs/chorégraphes dont les projets émergent dans un mouvement d'adieu aux rivages modélisés d'un habitus chorégraphique qui est demeuré, par ailleurs, largement majoritaire dans le paysage européen (et dont les champions, soit dit en passant, continuent de bénéficier de privilèges, en termes de moyens de production, que rien dans la nature même du travail présenté ne semble souvent plus justifier).

Date de publication : 01/09/1998


Mots-clés : années 90, transmission, esthétique, répétition, projet
Inséré le : 18/04/2001 00:00
Thèmes : danse,