Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Un marché laboratoire
Le Printemps de l’art contemporain à Marseille
Chapeau : Le Printemps de l’art contemporain, ce sont 20 lieux d’art marseillais qui décident de faire « événement » en même temps. La ville apparaît alors telle qu’elle devrait être : une des grandes places de l’art ; un territoire où l’on expérimente d’autres relations à la production, à la diffusion et à la médiation de la création contemporaine.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Genre Agenda : arts visuels
Apparence :
Rubrique : Le Vrac
Fred Kahn rédacteur
petit_ptps_ac.jpg (titre : petit_printAC / )
rect_ptps_ac.jpg (titre : rect_printAC / )
du 12/05/2010 00:00 au 15/05/2010 00:00
Marseille France (Sud-Est)
Texte : La cité phocéenne a toujours été éminemment dynamique en matière d’art contemporain. Dans les années 1980, des galeries associatives (Pailhas, Athanor pour ne citer que les plus connues), ont joué un rôle essentiel pour la diffusion et la révélation d’artistes à Marseille. Parallèlement, on assistait à l’éclosion de nombreux espaces indépendants, lieux d'expositions, souvent gérés par des artistes. Mais, ce foisonnement s’est vite retrouvé confronté au peu d’intérêt des pouvoirs publics et à la faiblesse du marché de l’art contemporain dans la ville. Il y a trois ans,
Marseille Artistes Associés 1977-2007, exposition organisée à peu de frais par le Mac (Musée d’art contemporain de la ville), n’a pu masquer le manque d’ambition politique de la majorité municipale pour les lieux de production et de diffusion artistique. Quant aux collectionneurs locaux, ils continuent à privilégier les galeries parisiennes de prestige et les foires d'art contemporain.
Bien que de plus en plus fragilisé, le tissu artistique local ne cesse pourtant de se renouveler et de muter. Pour continuer à se développer malgré un contexte défavorable, les lieux expérimentent des modes de fonctionnement inédits, notamment en associant démarches associatives et commerciales, financements publics et inscription sur le marché de l’art. Mais, chaque initiative, aussi pertinente soit-elle, n’est pas suffisante pour, à elle seule, inscrire Marseille dans le cercle très fermé et très élitiste des grandes places de l’art contemporain. Partant de ce constat, une vingtaine de ces lieux se sont regroupés dans une association, Marseille expo. Un rapprochement indispensable pour atteindre la taille critique permettant d’accéder à une crédibilité internationale.
La cité phocéenne a toujours été éminemment dynamique en matière d’art contemporain. Dans les années 1980, des galeries associatives (Pailhas, Athanor pour ne citer que les plus connues), ont joué un rôle essentiel pour la diffusion et la révélation d’artistes à Marseille. Parallèlement, on assistait à l’éclosion de nombreux espaces indépendants, lieux d'expositions, souvent gérés par des artistes. Mais, ce foisonnement s’est vite retrouvé confronté au peu d’intérêt des pouvoirs publics et à la faiblesse du marché de l’art contemporain dans la ville. Il y a trois ans,
Marseille Artistes Associés 1977-2007, exposition organisée à peu de frais par le Mac (Musée d’art contemporain de la ville), n’a pu masquer le manque d’ambition politique de la majorité municipale pour les lieux de production et de diffusion artistique. Quant aux collectionneurs locaux, ils continuent à privilégier les galeries parisiennes de prestige et les foires d'art contemporain.
Bien que de plus en plus fragilisé, le tissu artistique local ne cesse pourtant de se renouveler et de muter. Pour continuer à se développer malgré un contexte défavorable, les lieux expérimentent des modes de fonctionnement inédits, notamment en associant démarches associatives et commerciales, financements publics et inscription sur le marché de l’art. Mais, chaque initiative, aussi pertinente soit-elle, n’est pas suffisante pour, à elle seule, inscrire Marseille dans le cercle très fermé et très élitiste des grandes places de l’art contemporain. Partant de ce constat, une vingtaine de ces lieux se sont regroupés dans une association, Marseille expo. Un rapprochement indispensable pour atteindre la taille critique permettant d’accéder à une crédibilité internationale.
En synergie avec son territoireMarseille expo a d’abord commencé modestement, en 2007, par la création d’un outil de communication bimestriel, un dépliant-programme recensant l’activité des lieux du réseau.
« C’était un premier acte pour nous rencontrer, nous connaître et constater que nous avions les mêmes problèmes », explique Jean Jacques Le Berre, directeur de la galerie Porte Avion et co-président de Marseille expos.
Très vite est née l’idée d’initier un événement qui rende visible notre travail au quotidien. » C’est ainsi qu’en 2009, l’association a lancé son premier Printemps de l’art contemporain : un parcours dans la ville permettant de découvrir ces différents espaces qui, chacun avec ses spécificités et ses partis pris esthétiques, participent à faire de Marseille une
« ville incontournable de la création actuelle ».
La force du Printemps de l’art contemporain réside bien dans la diversité des propositions.
« Le statut juridique des lieux importe peu, reprend Jean Jacques Le Berre.
Notre réseau comprend aussi bien des galeries associatives que privées et même une institution dans le cas du Frac Paca. Certains espaces existent depuis 15 ans, d’autres viennent d’ouvrir. Ils peuvent travailler sur l’émergence ou l’expérimentation, être présents dans les foires et sur le second marché, inscrire leur action dans la proximité ou au contraire sur le champ international… De même, aucun médium n’est privilégié. Pour adhérer, seul compte la qualité de la démarche, l’exigence de la ligne de programmation, la recherche de l’audace et de la prise de risque. » Mais, le maillage de lieux est tel que la circulation entre chaque espace s’apparente à une réelle immersion dans la ville. Du 12 au 15 mai, le Printemps de l’art contemporain prendra donc la forme d’une déambulation, avec, chaque jour, la visite d’un quartier différent. De Longchamp / Belle de Mai, à la Plaine, en passant par le Panier, le Vieux Port et Belsunce, cette promenade sensible resituera la scène artistique marseillaise dans son contexte de vie. Comment ne pas imaginer qu’elle ouvre sur d’autres appréhensions de l’espace urbain ?
100 artistes, trois quartiers, 20 lieux« L’addition des espaces représente 3 500 m² d’exposition, explique Erika Trupin, la coordinatrice de l’événement.
Avec 100 artistes répartis dans 20 lieux qui tous proposeront un vernissage, une performance, une lecture, une rencontre… » Cette dimension quantitative et festive n’a bien sûr d’intérêt que si elle est couplée avec une réelle ambition qualitative.
Il serait trop long de citer toutes les propositions. D’autant plus qu’elles sont parfois collectives et mettent souvent en avant des artistes « émergents », donc peu connus. Accumulons simplement quelques exemples. La soirée d’ouverture se déroule à la Friche La Belle de Mai avec une sélection de vidéos d’art concoctée par l’association Videospread, une performance de Fouad Bouchoucha et une visite du toit terrasse de la Friche où Madeleine Chiche et Bernard Misrachi présenteront une installation lumineuse et sonore. L’exposition thématique de la galerie SMP réunit une quinzaine de travaux d’artistes (Driss Aroussi, Martin Le Chevallier, Stéphane le Mercier, Mathieu Husser, Delphine Reist, Alain Rivière…) relevant d’une forme de « bricolage artistique » qui n’est pas sans rappeler les pratiques de la « culture ouvrière » (commissariat Josué Rauscher). Matthieu Clainchard, à l’invitation de Triangle France, mêlera ses œuvres à celles de 12 créateurs dont il se sent particulièrement proche. La Galerie Bonneau-Samames joue avec des œuvres de Rémi Bragard, Colin Champsaur, Marion Mahu, Georges Tony Stoll, pour réagencer son espace et « recombiner » la relation entre les territoires intimes, publics et privés. La Galerie Dukan & Hourdequin propose, elle, quelques nouveaux entrants : Nina Fowler, Hervé Ic, Richard Stipl, Cristof Yvoré… L’association Art Cade a demandé à Rémy Rivoire, Stéphanie Nava, Christine Sibran, Bettina Samson et Pierre Labat de s’inspirer de la pensée architecturale pour produire des « œuvres-paysages ». Quant à la Galerieofmarseille, elle prête ses clés à une autre galerie, Polaris, qui présente le travail de l’artiste belge Patrick Guns. De son côté, l’Espaceculture profite de l’occasion pour médiatiser son exposition des 24 artistes de la région ayant participé à la Biennale des Jeunes créateurs d’Europe et de la Méditerranée. Sans oublier Frédéric Moser et Philippe Schwinger au Frac Paca ; Wilson Trouvé à la Galerie Porte Avion ; Yann Géraud à Buy-Sellf… Ou encore les travaux photographiques de Martine Derain (galerie Vol de Nuits) et de Stephen Wilks (galerie Territoires partagés)…
Le printemps de l’art contemporain entend bien monter en puissance jusqu’en 2013. Marseille Provence sera alors Capitale européenne de la culture. Contrairement aux grands événements vitrines que l’on retrouve plus ou moins à l’identique dans toutes les autres capitales, Marseille possède là une richesse artistique spécifique, ancrée sur le territoire tout en étant à vocation internationale. Le Printemps de l’art contemporain, offre ainsi une vue panoramique sur la multiplicité de formes de production et de diffusion qui existe ici. Cet événement pourrait prétendre au statut de laboratoire pour développer une économie de l’art moins hégémoniquement capitaliste, donc plus redistributive.
Le printemps de l’art contemporain à Marseille, du 12 au 15 mai. 06 12 13 41 44.
Crédits photos :
Une :
ART CADE I Bettina Samson, Llano del Rio pop-up (Ozymandias), 2009. Photo : Cédrick Eymenier.
Article : Exposition
Etrange Demeure. Photo : Martine Derain.
Date de publication : 27/04/2010
Mots-clés : Un marché laboratoire ,Le Printemps de l’art contemporain à Marseille
Inséré le : 27/04/2010 15:40
http://www.marseilleexpos.com
Thèmes : exposition,