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Paris–Berlin km 1051

Un projet de résidences au Batofar

Chapeau : Avec le projet 1051, le Batofar réunit les artistes visuels berlinois Transforma et le duo de hip-hop parisien La Caution. Un exercice de rapprochement de deux cultures urbaines différentes, où la thématique de la ville et de l’identité, l’association de jeunes publics et l’ouverture d’esprit servent de fil conducteur. Premier rendez-vous d’étape le 9 juillet sur la terrasse du Batofar.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : 2010

Laurent Catala rédacteur
La Caution groupe de musique
Transforma artiste

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du 09/07/2010 00:00 au 09/07/2010 00:00
Salle : Batofar
Face au 11 quai François Mauriac
01 40 33 37 17
Paris 75013 France (Ile-de-France)




Texte : En matière de création multimédia, les connexions entre musiques électroniques et artistes visuels sont désormais communément admises. De véritables scènes se sont constituées autour de ces articulations – popularisées par des festivals comme Némo, Vision’R ou Visionsonic à Paris, Elektra à Montréal ou Transmediale à Berlin -, offrant à ces disciplines artistiques résolument urbaines des cadres de production et de diffusion à la fois pérennes et identifiés par le public. Dans ce contexte technologique où la machine et/ou l’ordinateur tient souvent la place de cheville ouvrière, la culture hip-hop, malgré son indéniable pertinence citadine, restait curieusement en retrait de cette mouvance transdisciplinaire. Problèmes d’une scène artistiquement isolée ou technologiquement limitée ? Difficulté dans ces conditions des artistes hip-hop à sortir de l’imagerie restrictive (violente, machiste, égotique et j’en passe) qui les accompagne trop souvent ? Incapacité à dépasser un contenu principalement social et concret pour travailler sur des jeux d’incarnation visuels plus abstraits ? Les raisons peuvent paraître aussi nombreuses que contestables mais ne justifient pas vraiment un déficit d’initiatives plutôt stigmatisant et le plus souvent remis en cause par des artistes eux-mêmes à la frontière des genres (par exemple, des artistes comme Coldcut ou ceux du label Anticon, à la croisée de l’electronica et du hip-hop).
C’est en partie pour résoudre cette déficience - mais aussi pour réunir deux collectifs d’artistes sans ½illères - que le Batofar a initié un travail de résidence entre le groupe hip-hop parisien La Caution et les artistes visuels berlinois Transforma. Un projet intitulé 1051, comme le nombre de kilomètres séparant les deux capitales, s’étalant entre juin et septembre en deux étapes de travail, et ayant comme finalité une création audio/vidéo s’interrogeant sur la ville et l’identité. Une première présentation de ce work-in-progress sera d’ailleurs ouverte au public, sur la terrasse du Batofar, le vendredi 9 juillet de 19 heures à minuit.
Autant encensé par le public spécialisé que par plusieurs réalisateurs ayant fait appel à leur talent de compositeur (Gus Van Sant pour Paris je t’aime, Steven Soderbergh pour Ocean’s Twelve), le duo hip-hop La Caution a consolidé dans ces récentes collaborations un goût pour l’image déjà développé au sein d’un autre collectif, Kourtrajmé, sans oublier un sens de l’affranchissement des règles et des codes qui en faisait à l’évidence l’un des groupes hip-hop les plus pertinents pour s’embarquer dans le projet.
A la fois réputé pour son travail d’habillage visuel live d’artistes électro grand public – comme récemment Chloé lors des Nuits Sonores lyonnaises, et très prochainement pour son compatriote Apparat – et pour ses projets multimédia plus expérimentaux – l’excellent film Synken, réalisé en compagnie du musicien Chris Douglas aka OST et publié en DVD par le label Shitkatapult -, le trio Transforma a toujours mis l’expérimentation au c½ur de sa logique artistique. Depuis 2001, il interroge autant les rapports de l’image à la musique que les matières susceptibles d’entrer dans le processus de création, qu’il s’agisse de bois, de plastique, de tissus, intégrant les objets solides dans une approche de l’image actuelle débarrassée du seul dogme de l’animation digitale.
Mais attention, les deux collectifs ne sont pas réunis là pour créer dans une logique de vase clos. Parallèlement à leur résidence commune, ils ont déjà accompagné durant toute la semaine un projet de film réalisé par les jeunes participants d’un stage intitulé Musique et vidéo - et dont le résultat sera projeté au cours de cette même soirée du 9 juillet. Une façon de montrer que cette réflexion sur l’intégration de toutes les cultures urbaines ne se fera pas sans associer un public aussi friand de pratiques que curieux d’expériences.
Un pari pour lequel le Batofar est en tout cas déjà sur le pont pour la suite. En septembre, La Caution et Transforma se retrouveront en effet pour la seconde partie de leur résidence de création et encadreront un nouveau stage à l’attention cette fois des jeunes berlinois. En octobre, la création finalisée sera présentée à Paris puis à Berlin. Histoire de sanctifier et de dépasser en même temps ces 1051 kilomètres, si loins, si proches, comme aurait dit Wim Wenders, et finalement si révélateurs des distances parfois très relatives qui séparent les réalités culturelles urbaines.

> La Caution & Transforma (projet 1051…In progress), le vendredi 9 juillet prochain, de 19 heures à minuit, en libre accès sur la terrasse du Batofar.

>Photos :© Batofar

Date de publication : 07/07/2010


Mots-clés : hip hop, culture urbaine, musique
Inséré le : 07/07/2010 11:09
Pour plus d'informations - http://www.batofar.org

Thèmes : musique,