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Introduction à l'improvisation
L'improvisation en danse est une idée neuve, même si ellle a déjà un corpus et une histoire
Chapeau : Longtemps boudée en France, l'improvisation chorégraphique sort enfin de l'ombre. Né dans les années 60 aux Etats-Unis, ce courant a ses pionniers et une jeune génération cosmopolite, en Europe, qui en renouvelle les formes.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : critique (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : 2
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Simone FORTI chorégraphe
Anna HALPRIN chorégraphe
Julyen HAMILTON chorégraphe
Steve PAXTON chorégraphe
Mark TOMPKINS chorégraphe
Texte : Parce que, comme le dit Jankélévitch, «l'homme serait désarmé s'il n'avait le pouvoir de répondre à l'improviste», tout être humain devrait être formé à l'improvisation. L'apprentissage des savoirs ne laisse que trop peu de place à l'expérimentation de l'inconnu. Improviser, dit le dictionnaire, reviendrait à «composer sur le champ et sans préparation». Définition ô combien erronée, qui prête le flanc à toutes les interprétations dépréciatives. . . Car l'improvisation nécessite une bonne dose de préparation.
Les saltimbanques de la commedia dell'arte et, plus récemment, les musiciens et amateurs de jazz, savent (ou savaient) bien que l'on ne s'improvise pas. . . improvisateur!
En danse, l'improvisation est une idée relativement neuve, même si elle a déjà derrière elle un corpus et une histoire. La plupart du temps, l'improvisation est conçue et pratiquée comme un outil de composition. Rares étant aujourd'hui les chorégraphes qui auraient, avant même d'entrer en répétition, une «partition» précise de l'Oeuvre à créer; il est devenu usuel d'impliquer les interprètes dans une recherche de mouvement qui prendra forme dans un spectacle. Mais l'improvisation peut aussi être vécue comme une matière autonome, organique: une forme en soi, non obligatoirement liée à la finalité d'un spectacle.
Un courant, né aux Etats-Unis dans les années 50/60, est la matrice d'un genre, le contact-improvisation, qui s'est discrètement disséminé dans le monde entier. Puisqu'il faut une filiation, cette histoire-là commence avec les premiers «happenings» de John Cage et consorts au Black Mountain College, les ateliers sur la côte Ouest d'une ex-danseuse de Doris Humphrey, Ann Halprin, les «cours» de Robert Dunn au studio de Merce Cunningham, et enfin, l'aventure collective du Judson Dance Theater de New York, d'où est notamment issu Steve Paxton, l'inventeur du «contact-improvisation».
«Comportements gestuels, tant dans leurs dimensions physiques et formelles que perceptives et sensorielles, régulations sociales du groupe, rapport au regard de l'autre, enjeux du pouvoir ont fait l'objet de scrutations minutieuses qui ont fondé cette pratique nouvelle: une danse désenclavée des codes sociaux et idéologiques qui gouvernaient jusque-là la modernité. (. . .) Les années 60 à 70 à New York resteront dans l'histoire comme un moment unique où la mise en question radicale des modèles du spectacle vivant passait, dans un même cheminement de pensée, par une réflexion sur le rôle de l'artiste dans la société, une mise en acte de positions politiques, une mise en mouvement d'un corps traversé par l'ensemble de ces questions».
Date de publication : 01/09/1998
Mots-clés : avant-garde, Judson dance theater, Black mountain college
Inséré le : 19/04/2001 00:00
Thèmes : improvisation, danse,