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Ranger la création dans des maisons
Les équipes de la Galerie du Jeu de paume et du Centre national de la photographie ont averti les médias des mesures que le ministère de la Culture s'apprêtaient à prendre: fusion et dissolution.
Jeudi 24 octobre, les équipes de la Galerie du Jeu de paume et du Centre national de la photographie ont eu du mal à avaler la pilule. Ces institutions ont appris qu'elles seraient fondues en un seul et même lieu, place de la Concorde, et sous une même fonction, un centre de l'image. Drôle d'amalgame puisque ces lieux ne bénéficient pas du même statut et n'ont pas même vocation. Rappelons les faits. La Galerie du Jeu de paume a été créée sous la forme d'une association loi 1901, elle était destinée à exposer et à promouvoir la création contemporaine. Même si l'objectif radical qui a motivé sa création s'est affaibli au cours des années, il n'en demeure pas moins que ce lieu est à l'origine d'un vrai travail pédagogique et culturel. Le Centre national de la photographie représente pour sa part un pôle d'importance en la matière dont la France n'aurait vraiment pas à rougir. Sa programmation allie tout aussi bien la présentation d'artistes incontournables que les travaux de jeunes artistes émergeants. Bref, il y a bien peu de rapport entre ces deux espaces. Alors, qu'est-ce qui motive au juste le ministre de la Culture? L'argument pourrait être budgétaire. Jean-Jacques Aillagon a été très clair dès l'été dernier: le coût de fonctionnement des institutions culturelles est trop lourd, dépassant à lui seul la totalité de son ministère (le fameux 1% du budget national). Il s'agit aujourd'hui d'amoindrir ces coûts... effet logique. Même sous cet angle, la fusion du Jeu de paume et du CNP apparaît comme une alliance improbable. S'agirait-il pour le ministère de la Culture de faire à chaque médium sa propre maison? Il y aurait donc la Maison de l'image, la Maison du cinéma et pourquoi pas la Maison de la vidéo, celle des installations ou de la peinture... Si telle est l'orientation ministérielle, elle va à l'encontre même de la création contemporaine où les divers champs s'affirment à travers les métissages. Créer des cases, ranger la création sous des étiquettes aux dates périmées, ça ressemble à une volonté de mettre l'art vivant en bière.
Léa GAUTHIER,
Publié le 2001-10-30
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : chronique
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Artiste(s) : Léa GAUTHIER (rédacteur),
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Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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