Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Saint-Herblain cherche son identité urbaine à travers un inventaire original
Passe-Partout
Après un demi-siècle de croissance tous azimuts, Saint-Herblain (Loire-atlantique), la principale commune de la périphérie de Nantes, mène un inventaire original de son espace urbain, faisant appel à des artistes et interrogeant les habitants sur leur perception de la ville.
«Saint-Herblain a connu un développement prodigieux, des quartiers entiers sont nés et bien des courants architecturaux se sont superposés, justifiant cette quête pour comprendre la ville telle qu'elle est aujourd'hui», a expliqué à l'AFP Gaëlle Lecareux, la chargée d'action culturelle qui anime le projet Passe-Partout.
Saint-Herblain compte près de 44.000 habitants. Moins du quart d'entre eux vivent au bourg, autour duquel se sont agrégés des quartiers résidentiels de tous types, une immense zone commerciale, et des cités -certaines tristes et impersonnelles, d'autres assez pimpantes. Ces lieux dissemblables sont séparés, plutôt qu'unis, par une voirie omniprésente et par un vaste ensemble de parcs aux allures campagnardes.
La quête d'identité de cette ville introuvable a abouti, fin 1998, à la commande d'un inventaire du patrimoine architectural, confié par la municipalité à une association, l'Agence de développement culturel. Celle-ci a choisi d'associer d'emblée la revue minutieuse du bâti, conduite par une architecte recrutée pour l'occasion, et la consultation des habitants sur leur «ressenti» de Saint-Herblain.
De mars 2001 à septembre 2002, des étudiantes en architecture ont sillonné la ville, sollicitant les passants sur les quartiers, les aménagements, les transformations possibles.
«Un inventaire de repères, de rues et de parcours»
Ce dialogue a aussi permis de dresser, selon Gaëlle Lecareux, «un inventaire de repères, de rues et de parcours utilisés par les Herblinois dans la ville». En décrivant leur usage du cadre de leur vie quotidienne, «les habitants ont décrit la vraie ville» et livré des pistes pour l'évolution de sa géographie.
La question des liens, des passages entre les quartiers de Saint-Herblain est au cœur de Passe-Partout. Les questionnaires ont révélé à cet égard un certain mal-être, le sentiment d'être cerné par les voitures par exemple, ou le manque de communication entre les différents groupes sociaux.
«Passe-Partout est devenu un outil de médiation, notamment parce qu'il n'élude pas les problèmes», poursuit Gaëlle Lecareux. Les habitants interrogés reçoivent désormais une lettre d'information, l'Epistole, qui recense et prolonge les débats engagés.
En 2002, des artistes ont été sollicités pour interpréter l'inventaire dans les rues. Le Nantais Arnaud Théval a installé, par exemple, des photographies géantes dans plusieurs quartiers, comme autant de témoignages fidèles des pratiques de leurs habitants: un raccourci dans l'herbe entre des grandes surfaces, des adolescents en train de s'enfuir dans le terrain vague qu'on leur conteste...
Ailleurs, le groupe Artechéri a «peint», avec un jet d'eau à haute pression, des formes sur les façades noircies de plusieurs immeubles, rappelant à la fois que leur entretien est défaillant, mais que la beauté est possible partout.
La masse imposante de savoirs et d'expériences collectée dans le cadre de Passe-Partout fera l'objet, en 2003, d'un guide original. Cette ultime étape de l'inventaire pourrait, espère sa conceptrice, être notamment destinée aux nouveaux habitants de Saint-Herblain.
Christophe SCHMIIDT (dépêche AFP)
Publié le 2002-11-13
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre :
Thème(s) : politique culturelle,
Mot(s) Important(s) : villes, identité, urbanisme,
Artiste(s) :
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
A voir :