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Traité de la violence

Entretien avec Bernardo Montet

Chapeau : La posture du chorégraphe Bernardo Montet qui insiste sur la verticalité et l'inconnu favorise les rencontres. Avec «Ma lov'», il entreprend une collaboration avec deux artistes israéliens: une plasticienne et un compositeur.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Apparence :

Rubrique : 2

Irène Filiberti rédacteur
Bernardo Montet / Association Mawguerite chorégraphe

Texte : En insistant sur la qualité du vivant, en lui redonnant l'importance d'une pièce «live », Bemardo Montet tente de raviver l'attention par une approche de la perception, et un travail en commun, sur la conscience et de l'engagement. «Dans l'espace, le temps du geste, se trouvent tous les mondes. Une partie du travail consiste à chercher comment cet espace devient sens par une posture mentale. Entre l'objet et soi, il y a une histoire.» Si le chorégraphe maintient un état de crise dans la danse, cela passe tout d'abord par une réflexion sur la violence, de l'ordre le plus intime à la violence sociale et politique jusqu'à sa répercution sur les corps. Mais comme l'exprime Dimitri Tsiapkinis, l'un des interprètes de la compagnie «Le travail avec Bernardo Montet va plus loin qu'une curiosité ou un plaisir esthétique du mouvement, il porte sur une conscience de la matière, c'est quelque chose de très incarné. Si l'on prend, par exemple, la violence. Celle qui se montre à la télévision ou même dans la danse est excitante, car elle est aussi un état de liberté et si l'on est compatissant pour les victimes, on est aussi plus attaché aux personnes qui ont la puissance de l'exprimer. Chez Bernardo, l'approche de la violence, présente partout et en chacun de nous, de celle que contient la volonté, à celle de la nature, en passant par les images ou la guerre devient abstraite. Rendue à la conscience dans le travail, on peut la transformer, passer à un autre état.»
Sur une ligne de rupture, entre l'ancien et le moderne, avec le désir de pénétrer en «territoire interdit», Bemardo Montet déplace sa danse, faite de vitalité et de rebond. Dépourvue de fascination, son étrangeté bascule dans l'ambivalence. Absente aux excès, elle poursuit un cheminement vers l'abstraction à l'écart des contradictions, des ruptures et de la discontinuité des lignes. Ce qui réapparaît de la violence agit dans les corps comme une empreinte de la mémoire. Histoires intimes ou collectives dont ne subsiste que le tracé et des éclats surgissant par poussées selon les climats et la relation des danses à la musique.

Date de publication : 01/09/1998


Mots-clés : métissage, sud, violence, installation, musique
Inséré le : 23/04/2001 00:00
Thèmes : danse,