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Mise en scène des présences

Chapeau : La galerie Marian Goodman propose jusqu'au 4 janvier une exposition du photographe américain Jeff Wall.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Léa GAUTHIER rédacteur
Jeff WALL photographe

du 20/11/2002 00:00 au 04/01/2003 00:00
Salle : Galerie Marian Goodman
75, rue du Temple
01 48 04 70 52
Paris 75003 France (Ile-de-France)

Jusqu'au 4 janvier 2003


Texte : On dit faire le tour des galeries comme on dit faire le tour du propriétaire. Samedi dernier, il faisait plutôt froid et le petit tour parisien était triste. La récession économique se profilant, les galeristes misent sur des artistes-valeurs-sûres dont les travaux présentés ne sont pas forcément ni à la hauteur des prix de vente, ni à la hauteur des réputations (Anselm Kiefer, Gabriel Orozco, Andy Warhol...). De déception en déception, frustré d'attentes trop évidemment remplies, rien ne semblait venir questionner la mécanique de ce petit tour artistique. Pourtant, à la galerie Marian Goodman, la dernière exposition du photographe américain Jeff Wall (encore un grand nom) est venue comme une surprise.
L'accrochage est simple. Sur les murs de la galerie, six grandes photographies sont disposées dans des caissons lumineux. Au premier regard, se construit une dialectique sobre entre les tirages noir et blanc et les tirages couleur, entre les tailles, entre les thèmes des images (la forêt et la ville). Puis, la dialectique duelle disparaît, le corps se fond dans la perception de ces images qui l'englobe, parfois, une concentration visuelle est nécessaire, ou alors un éloignement physique. Mise au point, réglage permanent du regard, les photographies ne se donnent pas d'emblée. Ce sont des scènes simples comme prises sur le vif, une femme court dans une forêt, des personnes de dos marchent sur un pont en tirant derrières elles des valises, un paysage urbain, la photo d'un fagot de bois près d'un mur, celle de rondins de bois simplement entassés. Jeff Wall procède à la mise en abîme du geste photographique avec une maîtrise et un raffinement rare. Au détour de la banalité des scènes représentées surgit le travail de mise en scène de l'instant capté. Le photographe parle d'images documentées et non documentaires. Elles ne sont pas là pour doubler la réalité mais pour orchestrer des liens possibles. Nature et culture ne sont ni contraires, ni opposées. La nature est au même titre que la ville une mise en scène des présences.

Date de publication : 20/11/2002


Inséré le : 20/11/2002 00:00
Thèmes : arts plastiques, photographie,