Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Sur le fond d'Avignon
Entretien avec un directeur contesté
Chapeau : Bernard Faivre d'Arcier, directeur du Festival d'Avignon, attaqué par une partie de la presse en 1998, répondait alors sans complexes ni langue de bois aux questions de Mouvement.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : 2
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Bernard FAIVRE D'ARCIER directeur de structure
Texte : Au fond, justement, quelle sont pour vous la vocation et la fonction d'un festival comme Avignon?
Il s'agit de rendre possible l'accès d'un certain état de la création contemporaine, française. européenne, ou d'une région du monde, à un public qui n'est pas forcément un public spécialisé, un public assez large. Le festival joue un rôle de passeur. Je ne suis pas dans la situation absolue du «découvreur». Je m'appuie sur d'autres gens qui ont ce rôle. C'est à moi de puiser là et de faire passer, de suivre un metteur en scène, un chorégraphe, qu'on me signale par ailleurs. Je vois quand même deux-cent cinquante spectacles par an depuis dix-huit ans. Et j'essaie de faire passer ça à un public. Mais on ne se rend pas compte à Paris à quel point, quand je vais de Paris à Avignon, je change de culture. Et je me sens plus dépaysé que lorsque je fais Paris-Berlin ou Paris-Londres.
Il est normal que le festival d'Avignon focalise un certain nombre d'attentes. Vous avez finalement à gérer un imaginaire commun.
Cela n'existe pas. Vilar lui-même a décidé en 1964 d'arrêter de faire de la mise en scène au festival et d'inviter d'autres artistes complètement différents comme Planchon, Philippe Adrien, Georges Lavelli. . . Et tout d'un coup, le paysage a explosé. . . Depuis lors, Avignon n'est plus le lieu de la communion mais de la confrontation. Pour arriver à faire exister une circulation entre la création et le public, on fait des mélanges risqués. On oblige à des mélanges de publics, ce qui est la chose la plus difficile à faire. C'est tellement facile de n'avoir chez soi que ses partisans. Si je ne dirigeais pas le festival d'Avignon, je ferai un festival complètement différent. Je tiens compte de l'histoire qui nous dépasse. Le festival d'Avignon n'est pas un jouet pour moi, ce n'est pas ma création.
Date de publication : 01/09/1998
Mots-clés : Festival d'Avignon, politique culturelle, imaginaire, politique
Inséré le : 26/04/2001 00:00
Thèmes : théâtre,