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Afrique, de l'exil à l'errance
Triptyque sans titre
Chapeau : Faustin Linyekula se perd dans une confusion d'intention, il égare sa gestuelle en reproduisant les modèles de la danse contemporaine occidentale.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : critique (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Faustin Linyekula chorégraphe
Gérard MAYEN rédacteur
Texte : Entre Rwanda et Congo-Kinshasa, le parcours très accidenté de Faustin Linyekula rappelle que la nouvelle danse de création en Afrique noire doit se confronter, bien avant les confortables regard occidentaux, avec certaines des pires réalités morales et matérielles du continent. Dans son destin de jeune homme entre deux exils, ce garçon s'est forgé une personnalité incroyablement attachante, où la générosité affectueuse le dispute à l'engagement intrépide.
Forgée notamment dans la compagnie Gaara très imprégnée de théâtre de geste, sa danse de mince jeune homme est électrique et urgente, pleine d'arêtes vives, sans rien qui rappelle un primat obligé de l'enracinement postural, musculeux et rythmé dans la terre nourricière. Elle est personnelle et singulière, marquée de brûlures et porteuse de causes.
Pièce collective montrée récemment à Paris,
Triptyque sans titre montrait ces mêmes caractéristiques de détachement à l'égard de la tradition, mais sur le plan de la composition cette fois. A côté de sa figure d'artiste des tourments de l'actualité, ceint d'une piètre jupe de papier journal, cette pièce mettait en scène deux paires allégoriques, de jeunes gens très urbains à la mode d'une part, et d'anciennes silhouettes de bergers de la brousse d'autre part.
Y ont été appliqués certains principes fort courus de l'écriture toute contemporaine : le renoncement à toute linéarité narrative, la construction fragmentée, la mise en présence et en parallèle de propositions cloisonnées, la musique électronique traitée en
live en plein plateau. Mais appliquer n'est pas maîtriser. Ainsi en va-t-il lorsque le vacarme musical domine absolument et se substitue à tout autre aspect, en fait à un vide, souvent induit par l'annihilement des figures les unes par les autres, posées de part en part.
On se gardera d'une généralisation expéditive et abusive. Mais il y a là tout de même de quoi nourrir quelque doute, quant au symptôme que pourrait constituer cet essai, d'une caricature de modèle occidental par voie d'assimilation chaotique. Simple faux pas, ou tendance significative ?
Triptyque sans titre a été programmé le mois dernier successivement au Centre Wallonie-Bruxelles et à la salle Jacques Brel de Pantin, par le Centre national de la danse.
Date de publication : 05/12/2002
Inséré le : 03/12/2002 00:00
Thèmes : danse,