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L'orphé(o)vre


La chorégraphe revisite l'opéra de Monteverdi



Avec Orféo, Trisha Brown explore la dimension musicale du célèbre opéra de Monteverdi: voyage au pays de l'apesanteur et de la grâce.


Orféo, premier opéra occidental estampillé, représente le triomphe, non «l'impuissance». Sans le charme qu'elle exerce, notamment sur Proserpine, Orféo n'aurait pas franchi les portes des Enfers, ni Monteverdi celles de la postérité.
Or Trisha Brown concourt modestement et intelligemment à ce triomphe. Avec Roland Aeschlimann, maître des décors et des costumes, elle assure, par différentes modulations et la figure du cercle -qu'elle tire, qui sait ? des deux «o» d'Orféo-, leur unité aux épisodes tourmentés de cette résurrection ratée et de cette apothéose réussie, bleu, rouge, blanc, jaune d'or; ciel, lune, soleil; plein chassé par le noir de l'enfer ou rogné par l'éclipse: le cercle donne une essence géométrique et cosmogonique à la péripétie mythologique et change en fable néoplatonicienne ce drame trop humain. A défaut de se rejoindre, les amants montés au ciel où Apollon les protège et les attend, croiseront éternellement leur orbite et contempleront mutuellement leur éclat.

Dominique NOGUEZ,
Publié le 1998-06-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : musique, danse,
Mot(s) Important(s) : mythe, opéra, minimalisme, chant,
Artiste(s) : Trisha BROWN (chorégraphe), Dominique NOGUEZ (rédacteur), Roland AESCHLIMANN (costumier), Carlo Vincenzo Allemano (chanteur), Simon KEENLYSIDE (chanteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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