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Succès un peu trop garanti
Blush
Chapeau : Blush, dernière création de la compagnie Ultima Vez, devrait à nouveau assurer le succès à Wim Vandekeybus. L'univers du chorégraphe belge est toujours aussi captivant et efficace; une évidence qui pointe une certaine faiblesse dans le renouvellement des enjeux scéniques.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Apparence :
Rubrique : 2003
Justin MORIN rédacteur
Wim Vandekeybus chorégraphe
du 28/01/2003 00:00 au 01/02/2003 00:00
Salle : Théâtre de la Ville
2, pl du Châtelet
01 42 74 22 77
Paris 75001 France (Ile-de-France)
28 janvier au 1er févier 2003
du 04/02/2003 00:00 au 06/02/2003 00:00
Salle : Le Maillon
13, place André Maurois
03 88 27 61 71
Strasbourg 67000 France (Est)
4 au 6 févier 2003
Texte : Les spectacles de Wim Vandekeybus sont devenus des événements à ne pas manquer. Qu'en allait-il être de la dernière création de la compagnie Ultima Vez?
Blush, pièce pour dix personnes, s'inscrit dans la continuité du féminin
Scratching the inner field (2001). Mises en conflit des corps, situations rocambolesques et court-métrage peuplent à nouveau cet opus. Après une laborieuse mise en route,
Blush s'émancipe des dernières pièces du chorégraphe et trouve son identité.
Blush (rougir en anglais), pièce de séduction où se mêlent toutes les confrontations à l'autre, recueille les instincts les plus primaires. Il en résulte une danse brute et extrême, toujours à l'affût du point culminant. Vandekeybus excelle à ce jeu de rencontres, alternant territoires balisés et espaces de liberté. Hommes et femmes, en groupe ou individuellement, tentent de s'apprivoiser tout en cherchant à se rejoindre. La dramaturgie du spectacle, structurée par l'apport de l'écrivain flamand Peter Verhelst, bénéficie d'un curieux fil conducteur. Un crapaud est la figure centrale de ce spectacle. Sur le plateau ou dans les images vidéo, le batracien apparaît fréquemment, citation incongrue des jeux cruels de l'enfance, des contes de fée et miroir de notre propre animalité...
A l'instar de ses précédentes productions, Ultima Vez entame une nouvelle collaboration musicale. Après Peter Vermeersch, Thierry de Mey, David Byrne ou encore Marc Ribot, Vandekeybus a fait appel à Eugene Edwards. Le chanteur/ parolier de 16 Horsepower propose une musique folk intimiste, à l'image de ses productions personnelles. Un univers sensible en écho aux préoccupations scéniques du chorégraphe.
Sur le plateau, une scénographie minimaliste mais ingénieuse. Très vite, la toile de fond (représentant un pourtour de lac ombragé, en noir et blanc) tombe et libère l'espace. Large plateau, surplombé de quelques mâts, qui subira les assauts des danseurs. La plus belle trouvaille scénographique reste le support de projection des films. Coupée dans sa largeur, la toile élastique permet aux danseurs de disparaître littéralement dans les séquences filmées. Un saut dans la toile et le personnage se retrouve happé, instantanément capturé par la pellicule. Vandekeybus crée un ballet intensément poétique, qui se joue entre poursuites aquatiques et parties de cache-cache champêtre. Le chorégraphe belge maîtrise assurément les perspectives qu'ouvrent le support filmique à la danse et nous en fait une démonstration réjouissante.
Malgré quelques provocations dispensables,
Blush devrait à nouveau garantir le succès à Ultima Vez. On peut cependant regretter que Wim Vandekeybus s'installe dans ce succès, et ne renouvelle que partiellement ce qui fait son talent. Ceux qui pour qui
Blush est une première immersion dans l'univers du chorégraphe belge seront indéniablement séduits. Mais le public qui le suit avec attention risque une petite déception, tant ce spectacle semble appliquer une recette qui a déjà fait ses (excellentes) preuves...
Date de publication : 23/01/2003
Inséré le : 22/01/2003 00:00
Thèmes : danse,