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L'espace du geste
Chapeau : Dans ses vidéos et performances, Maïder Fortuné joue le corps comme un espace de projection et de révélation intime du monde. Elle décline des identités ambiguës qui traversent des univers minimaux, parfois oniriques.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : analyse (Mots-clés : )
Genre Ressource : texte d'analyse
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Rubrique : 20
Maïder FORTUNE plasticien
Léa GAUTHIER rédacteur
Texte : Maïder Fortuné questionne les instances d'apparition du geste. À travers des mouvements ténus, des mises en scènes épurées, elle interroge les adresses du corps, cette manière de réponse en forme de défense ; là où, par delà l'efficace de l'action, le corps devient une interface d'interprétation du monde toujours ambiguë, toujours équivoque. Dans ses installations vidéo comme dans ses performances, les espaces/temps sont d'abord inquiétés, mis en question, jamais donnés ni facilement identifiables. Ses pièces apparaissent comme des univers de déstabilisation qui viennent chercher l'attention du spectateur, susciter une perception en décalage avec nos habitudes réflexes. Maïder Fortuné joue dans un interstice où le corps sans parole n'est pas seulement agi par le contexte mais ouvre à une réalité en deçà de toute formulation pragmatique.
Slak est une installation vidéo où les images sont diffusées dans le noir, sur trois grands écrans. Un corps à échelle un, presque nu, apparaît dans des mouvements lents, reptiliens. Il est en proie à une gestuelle continue, comme une respiration, implacable et ténue. Le personnage semble en suspension dans l'espace. Bien qu'humaine, son identité est toujours mise en doute ; figure onirique, féminine ou animale. Le corps s'insinue petit à petit d'un écran à l'autre, sans rupture, il parcourt les murs de l'espace de projection. Il devient un point de crispation et transforme le vide autour, lui donnant l'empreinte du mouvement. Il s'épanche hors de lui dans ce tissage singulier, dépasse ses frontières physiologiques et parvient à imposer un rythme que la grammaire de l'image exprime sans pervertir ou aliéner. L'image en mouvement ne s'affirme pas comme un leurre, simplement comme une traduction, la possibilité de faire advenir un langage. Elle est un moyen et se dit comme tel. (...)
Date de publication : 01/01/2003
Mots-clés : femme, rêve, métamorphose
Inséré le : 22/01/2003 00:00
Thèmes : arts plastiques, vidéo,