Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

L'oeil écoute




Son écriture est rapide, précise, nerveuse, ludique et sensible. A l'écoute de compositeurs contemporains, Olga de Soto cultive la musique des corps, des espaces et du regard.


Quand elle commence un projet, Olga de Soto aime bien s'entourer. De compositeurs: «Je ne crois plus à l'omnipotence de votre sempiternel: do, ré, mi, fa, sol, la, si, do» (Debussy).
D'auteurs: «Il y a un concept qui désaccorde tout les autres. Je ne parle pas du mal dont l'empire limité est l'éthique; je parle de l'infini» (Borges) . De paradoxes: «La flèche qui vole est, à chaque instant et à chaque point de sa trajectoire, immobile. Car, à chaque instant, elle occupe un espace égal à elle-même, et si l'on admet que chaque durée et chaque étendue sont composés d'éléments indivisibles (points et instants), alors la flèche, nécessairement, doit être tout le temps et partout en repos» (Zénon d'Elée).
Le mouvement n'existe pas ? Un défi chorégraphique qu' Olga de Soto relève. Pré-texte à une geste esthétique. Le point d'ancrage de ses réflexions ? La musique des corps, des espaces et du regard. Là où çà travaille? La mémoire.
Structure fragmentaire. Partition chaotique de l'immémorial. Résurgence des traces du vécu dans l'instant. Présent. C'est là qu'Olga de Soto va fouiller. Chez Israël Rosenfield aussi: «La mémoire n'existe pas sans contexte. Et comme celui-ci est voué, par la force des choses à changer constamment, il ne peut en aucun cas y avoir de mémoire fixe ou absolue. Hors du présent, la mémoire n'existe pas».

Francis COSSU,
Publié le 1999-03-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : musique, regarder, tension,
Artiste(s) : Olga de SOTO (chorégraphe), Francis COSSU (rédacteur), Pascale GIGON (danseur), Frédéric RZEWSKI (musicien),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir :