Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Des frictions naissent des étincelles
Friction
Friction d'eau bénite, ou comment installer un festival de théâtre dans une église. C'était à Dijon à la fin mai 2001.
Friction: «résistance à un mouvement relatif entre des surfaces de contact ou bien manoeuvre de massage consistant à frotter vigoureusement une partie du corps pour faire absorber un produit par la peau», dixit le Petit Robert. Drôle de nom pour un festival de théâtre. «C'est que l'utopie de la réalisation de nos désirs (théâtraux et autres)- ne réside plus désormais dans un ciel unifié et uniforme, mais dans l'art de la friction, de la confrontation» répond Robert Cantarella, metteur en scène qui dirige depuis quelques mois le Théâtre Dijon-Bourgogne. Déjà, quand on arrive devant le Parvis Saint-Jean, vaste église en plein coeur de Dijon, et qu'on vous dit «c'est là», bêtement vous répétez: «Où ça?». «Ben, dans l'église, devant vous». Un peu goguenard, on pousse la porte de l'imposant édifice, s'attendant déjà à sentir l'encens et l'odeur crayeuse des vieilles pierres. Eh bien non! On est au théâtre. C'est une des particularités du Centre Dramatique National que d'être installé dans une ancienne église. Un retour sur les fonts baptismaux en quelque sorte... Bref.
Ici, le théâtre revendique son «impureté» fondamentale. Tant mieux. Les arts se conjuguent au pluriel, les générations se rencontrent, théâtre, danse, vidéo, musique, performance se mélangent. Ça frotte, ça débat, ça échange. Surtout éviter de se liquéfier dans le doux sirop de l'artistique sous cellophane! Spectacles, petites formes, installations, lectures ou conversations entre auteurs et metteurs en scène... autant de propositions qui sortent des ornières du «bien-pensé» culturel défoncées à force d'être arpentées. Là, on cherche, ici, on expérimente, partout, on tente. Nous, on se fait arpenteur de théâtre. Le premier week-end de cette grande semaine de festival, on a déjà vécu de belles expériences. Il y eu Gloria, qui parle du délitement des rapports humains dans un monde saturé d'images où réel et virtuel finissent par se confondre. Gloria-Alexandra Castellon était là, seule en scène, qui racontait des histoires qui nous racontent. Il y a eu le travail d'Alexis Forestier et la compagnie Les Endimanchés sur Fragments complets-Woyzeck, une vision qui plonge dans la béance de l'âme et les vertiges du sens, un regard qui saisit les hésitations de Büchner, les repentirs, les fulgurances du geste de l'écriture. Et puis, il y eu aussi cette rencontre avec Armando Llamas. Questionné par Philippe Minyana, il s'est découvert, avec pudeur, avec candeur, parfois une pointe de douleur dans la voix, toujours un sourire en point final.
Publié le 2001-05-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : critique
Thème(s) : théâtre,
Mot(s) Important(s) : pluridisciplinarité, expérimental, religion,
Artiste(s) : Gwénola DAVID (photographe), Robert CANTARELLA (metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
A voir :