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Géométrie et apesanteur


Plan B



En utilisant les techniques du jonglage et de l'acrobatie, la Compagnie 111 renouvelle le langage théâtral en expérimentant la géométrie de l'espace et les lois de la pesanteur.


Plan B est le deuxième opus d'une jeune compagnie qui entend mettre les arts du cirque en rapport avec des contraintes d'espace préalablement définies. Après l'exploration du volume amorcée dans IJK, et en attendant celle de la ligne -troisième volet d'une trilogie en cours- la Compagnie 111 s'associe pour l'heure avec le metteur en scène new-yorkais Phil Soltanoff afin d'exploiter les différentes possibilités du plan. «Nous avons cherché à dessiner une géométrie sensible avec comme seul compas les corps et les balles. Mais l'idée de plan est également pour nous à voir comme un projet guidé par nos rêves, trait d'union entre un désir et sa réalisation...»
Soit un plateau incliné définissant les contours d'un espace dépouillé, suffisamment abstrait pour devenir tour à tour sol, paroi ou cloison. Articulé suivant deux axes, le Plan B peut se rapprocher de la verticale ou de l'horizontale pour offrir aux quatre interprètes de la Compagnie 111 -Olivier Alenda, Aurélien Bory, Loïc Praud et Alexandre Rodoreda- la possibilité de s'arracher aux effets de la pesanteur. Au-delà du dispositif ingénieux, les quatre garçons font preuve d'une extraordinaire virtuosité, libérés des contraintes physiques pour mettre en jeu leur équilibre, leur poids, leur matière. Lorsqu'ils commencent, un à un, par se laisser glisser le long d'une paroi, puis surgissent d'une trappe pour bondir sur une marche, ils adoptent une gestuelle précise et retenue, soulignant un rapport au temps judicieusement étiré, dans une suspension propre aux états d'apesanteur.
«La gravité n'a plus les mêmes effets et participe alors de l'illusion.» En homme avisé, le metteur en scène évite l'écueil d'un spectaculaire trop patent pour développer une écriture scénique propre à renouveler le langage théâtral. Entre deux clins d'œil au cinéma, on regrette les tâtonnements de l'accompagnement lumière et son, mais lorsqu'un de ces jongleurs traverse la nuit et ses corps célestes, on lève toute opposition et on pense à la force poétique d'un Méliès ou d'un Buster Keaton... en attendant la ligne.


David BERNADAS,
Publié le 2003-02-06

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre :
Thème(s) : cirque, théâtre,
Mot(s) Important(s) : apesanteur, géométrie, plan,
Artiste(s) : David BERNADAS (rédacteur), COMPAGNIE 111 (compagnie de danse),
Passage(s) : Espace Apollo Mazamet 81200 , Théâtre de l'Olivier Istres 13800 , Train Théâtre Portes les Valences 26800 , Le Dôme Théâtre Albertville 73 200 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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