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Du 15 au 19 février aux Subsistances


C'EST COMME FLASH GORDON AU DEBUT



Le corps parle, ses sensations, ses tracas, son temporaire, ses fantasmes ; l'image de soi et les déformations visuelles, l'amour de soi et le clonage, le désir de l'autre et sa dépouille, la possession de l'autre et le meurtre en série, le chasseur de têtes et les Jivaros.


“ écrire, je suis voleur de paroles, j'attrape ce que j'entends, je l'organise et j'en fais des textes à dire.
Ce qui m'intéresse, c'est la poésie verbale propre à chacun, sa façon imagée de dire le monde, et de le ponctuer d'erreurs, de coqs à l'âne, d'approximations, d'associations très personnelles ; quand on parle, on envoie des couleurs ; j'en fais ma propre peinture.
Pas de voyeurisme, il ne s'agit pas de voler la vie dans ce qu'elle aurait de vrai et donc de croustillant. Pas de catharsis non plus, on ne vous embarque pas dans de grandes prises de conscience collectivement émouvantes.
De cette parole, je privilégie l'apparemment anodin, je modifie le contexte et je l'embarque dans une fiction. Par la parole entendue, j'accède à l'écriture du personnage, et un personnage est forcément issu d'une multitude de paroles confondues.
Par exemple, lors d'un de nos derniers spectacles, plusieurs témoignages sur les inondations de 1993 dans la Drôme ont donné un personnage rescapé du Titanic ; je n'ai gardé des paroles volées que les comparaisons maritimes, la peur de l'eau et les actions de sauvetage.

En octobre 2002, quinze artistes m'ont accompagnée aux Quartiers d'octobre des SUBSISTANCES. Je leur ai proposé des expériences corporelles ludiques et nouvelles pour eux, visant à les plonger en situations de parole.
Nous jouons au petit chimiste : on plonge les corps dans des espaces nouveaux, on observe. Aux dires des chercheurs scientifiques, les expériences les plus simples font les plus grandes découvertes.
Les espaces proposent du corps : tatoueur, hammam, ophtalmo, acuponcteur, médecin légiste, institut de beauté, manèges, chirurgie esthétique, sports. Cette recherche n'a finalement d'autre objectif que ce qu'on en dit, que je cueille, que j'organise en texte.
“ C'est comme Flash Gordon au début ”, texte provisoire, est lu à l'issue des Quartiers d'octobre 2002 aux SUBSISTANCES.
Le corps parle, ses sensations, ses tracas, son temporaire, ses fantasmes ; l'image de soi et les déformations visuelles, l'amour de soi et le clonage, le désir de l'autre et sa dépouille, la possession de l'autre et le meurtre en série, le chasseur de têtes et les Jivaros.
C'est amusant, c'est effrayant, c'est maladroitement nous, de chair. ”
Claire Rengade (novembre 2002)


Publié le 2003-01-08

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre :
Thème(s) : théâtre,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Claire RENGADE (Metteur en scène),
Passage(s) : Les Subsistances Lyon ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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