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Autonomie en vue

Projets chorégraphiques

Chapeau : Alors qu'elle met un terme à sa compagnie, Mathilde Monnier entend ouvrir le Centre Chorégraphique de Montpellier à de nouvelles configurations en confiant à d'autres artistes de réelles responsabilités.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Apparence :

Rubrique : 13

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Mathilde MONNIER chorégraphe
Laurent PICHAUD chorégraphe

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Texte : Jean-Marc Adolphe : Vous dirigez le Centre chorégraphique national de Montpellier-Languedoc Roussillon depuis 1994. Est-il possible de dresser un bilan de ces sept premières années?
Mathilde Monnier : La notion de bilan est toujours statique. Or, l'effervescence que j'ai trouvée en arrivant à Montpellier, liée à l'importance d'un milieu chorégraphique et d'une préoccupation de la danse, est toujours aussi forte. Cette année, quarante-six compagnies ont demandé des subventions dans le seul département de l'Hérault. Une vingtaine ont été aidées l'an passé, la plupart à Montpellier. Certaines compagnies sont là depuis vingt ans, comme celle de Jackie Taffanel, et de nouvelles équipes se créent chaque année. La ville de Montpellier et la région commencent à ne plus savoir quoi faire en termes de subventions et d'équipements! C'est à nous d'inventer quelques-unes de ces réponses, même si la région pourrait mettre en oeuvre une politique plus importante, pour relayer des initiatives qui germent dans différentes villes.


Avez-vous la sensation que votre travail artistique a pu être influencé par le fait de se retrouver à la tête d'une structure permanente, après quelques années de «nomadisme», dont une période de résidence au Quartz de Brest?
Bizarrement, cela m'a donné beaucoup de liberté, et même un certain «culot». Cela correspond t-il à une forme de maturité, ou est-ce d'être «dans l'institution»? En tout cas, j'ai utilisé l'institution comme un support de stabilité pour être moi-même instable. Cette stabilité extérieure, financière, m'a très vite autorisée une instabilité intérieure plus grande. La «prise de risque» permet, de l'intérieur, d'aller titiller cette notion d'institution, de sans cesse l'interroger, la repousser, la déplacer. . . Il faut la réinventer au quotidien, c'est une perception qui change constamment, qui évolue.


Les Centres chorégraphiques ont d'abord été articulés autour de la personnalité des artistes qui étaient choisis pour les diriger. Il semble en revanche qu'en arrivant à Montpellier, vous ayez d'emblée affirmé cette volonté d'assumer la responsabilité du Centre chorégraphique en tant que tel, d'une façon distincte de ce qu'était le travail strictement artistique de votre compagnie.
Tout à fait. Et c'est ce vers quoi je tends de plus en plus. On peut identifier un lieu à un projet mais pas forcément à une personne. C'est la différence que je voudrais poser. La fonction et la responsabilité d'un centre chorégraphique s'évaluent autour d'un projet, et non d'une personne: cette autonomie me semble aujourd'hui essentielle. Mais je peux dire cela parce que je suis dans un lieu où il y a des moyens, et c'est loin d'être le cas de tous les centres chorégraphiques!
Pour l'heure, je ne souhaite pas «proclamer» quoi que ce soit. C'est un projet à l'essai, en mouvement, qui est lié à l'expérience et au fonctionnement interne du centre chorégraphique. Pour une part, j'ai décidé d'arrêter ma compagnie, c'est un choix extrêmement important; cela signifie symboliquement la fin d'une certaine «permanence». Par ailleurs, j'ai souhaité créer deux comités de travail complètement autonomes en charge des projets au sein du centre chorégraphique, en donnant à des artistes davantage de responsabilités. A terme, j'aimerais que des artistes viennent, non comme simples «invités», mais avec une vraie marge de manoeuvre et des moyens en conséquence.

Date de publication : 01/07/2001


Mots-clés : atelier, Centre Chorégraphique de Montpellier, recherche, responsabilité, réflexion
Inséré le : 19/06/2001 00:00
Thèmes : politiques culturelles, danse,