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Beaubourg à l'âge du spectacle




Le Centre Georges Pompidou rénové ouvre ses portes au 1er janvier 2000. Cap sur «l'interdisciplinarité» avec, pour le spectacle vivant, des moyens renforcés mais encore insuffisants.


Le 1er janvier 2000, après plus de deux années de «lifting» et 576 millions de francs de travaux, le Centre Georges Pompidou réouvre ses portes. À la fois musée, bibliothèque et lieu de spectacles, Beaubourg n'a pas vocation à «être un «hôtel culturel» où chacun mènerait sa vie dans l'indifférence des autres», affirme son président, Jean-Jacques Aillagon, qui appelle chacun des départements du Centre Georges Pompidou «à s'engager sur les territoires de l'interdisciplinarité afin d'y explorer, d'y favoriser aussi le croisement des pratiques et des expérimentations».
La manifestation «Le Temps, vite» associe ainsi plusieurs disciplines pour interroger «la création artistique mais aussi la science, la technologie et la philosophie». Scénographie sonore commandée à Heiner Goebbels, performances et lectures dans le cadre des Revues Parlées, rétrospective des cinéastes Michael Snow et Johan Van Der Keuken, mais aussi des soirées d'improvisation (avec notamment le chorégraphe Mark Tompkins) viendront ainsi compléter une exposition consacrée à «la mutation de la perception et des conceptions du temps».
Et du 15 novembre au 18 décembre 2000, Philippe Vergne et Bernard Blistène devront mettre en «Sons et lumières» «l'âge du spectacle», avec l'intention de faire émerger «un constat lucide et prospectif des modèles infinis que le spectacle sous toutes ses formes, comme le divertissement qu'il engendre, suggèrent à la création contemporaine».
Parmi les aménagements qu'offrira le Centre Georges Pompidou à sa réouverture, on attend précisément de découvrir la nouvelle configuration de l'espace Spectacles, regroupé au niveau -1 autour de la Grande salle (440 places), d'une salle de conférences de 160 places, d'une salle de cinéma et, à partir de l'automne prochain, d'un Studio annoncé comme «lieu de recherche et d'expérimentation». De quoi faire oublier l'architecture incongrue du Tipi, refuge inconfortable de la danse contemporaine pendant les travaux de réfection.
Dans l'entretien qu'il nous avait accordé en janvier 1971, Jean-Jacques Aillagon annonçait son intention de rééquilibrer, au sein du budget de la production culturelle de Beaubourg, la dotation consacrée au spectacle vivant, dont est désormais chargé Serge Laurent, venu de la Fondation Cartier, où il s'occupait des Soirées Nomades, et par ailleurs responsable de la programmation du festival Nouvelles Scènes à Dijon. «Le projet que je conduirai au Centre Georges Pompidou n'est pas très différent de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant», annonce Serge Laurent. «Le souci de créer des synergies avec les expositions n'est pas imposé dans mon cahier des charges. Mais je peux extrapoler le thème d'une exposition vers le désir des artistes avec lesquels je travaillerai. Ainsi, pour Le temps, vite, j'ai fait le lien avec l'improvisation en danse; ce qui est aussi une façon de prolonger le projet «On the edge» initié l'an passé par Mark Tompkins. Mais je ne pense pas m'en tenir à la danse. . . ».
Le Centre Georges Pompidou ne sera certes pas un simple lieu supplémentaire de diffusion de spectacles, et compte affirmer son originalité en accueillant des formes atypiques, des performances ou encore des concerts de musiques électroniques, sans oublier l'activité de l'IRCAM. Avec quel budget? Sans donner de chiffres précis, Serge Laurent indique que «l'enveloppe réservée au spectacle vivant a été multipliée par trois», ce qui reste tout de même assez éloigné du «rééquilibrage» promis par Jean-Jacques Aillagon. Un apport en mécénat du Printemps 2, avec un engagement de 1 million de francs par an, pour deux années, complète la mise. Mais face aux moyens de production que demande un projet comme celui de la chorégraphe Meg Stuart qui croisera sous le titre «Highway», à l'automne 2000, danse et arts plastiques, Beaubourg devra trouver d'autres partenaires (dont le Festival d'Automne, déjà acquis). Serge Laurent tient à envisager cette situation de manière positive: «Au Centre Pompidou, le spectacle est essentiel, mais il reste à une échelle humaine en termes d'enjeux politiques.

Jean-Marc ADOLPHE,
Publié le 2000-01-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse
Thème(s) : politique culturelle,
Mot(s) Important(s) : interdisciplinarité, décloisonnement, création,
Artiste(s) : Jean-Marc ADOLPHE (rédacteur), CENTRE POMPIDOU (structure), Jean-Jacques AILLAGON (directeur de structure), Mark TOMPKINS (chorégraphe),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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