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Uzes censure son festival

Outrage à la mairie

Chapeau : Censure au Festival d'Uzès. Jean-Luc Chapon, maire de la localité s'offusque devant des photos représentant des partis du corps de ses habitants (consentants), exposées sur la voie publique.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Apparence :

Gérard MAYEN rédacteur
Jean luc Chapon personnage politique

Texte : «Entrez dans l'art en trois minutes !» Cette invitation portée par un panonceau en vitrine de l'Office de tourisme d'Uzès a paru bien insolite pendant toute la durée du Festival de la nouvelle danse, qui vient de connaître sa sixième édition dans cette localité du Gard. S'il y répondait et pénétrait à l'intérieur, le curieux découvrait alors le Corporoïd, auquel il était libre de prendre part : soit la photographie instamatic d'une partie de son corps, de son choix. Au fur et à mesure, mille clichés ainsi réunis en un tableau géant devaient composer une image du corps social et physique de la localité, restitué à la vue de tous.
C'est ce qui n'aura pas finalement été possible. Quelques parties très intimes commençant à apparaître sur le panneau, des protestations ont vite convaincu Jean-Luc Chapon, maire de la localité, président d'honneur de son centre de développement chorégraphique, d'exiger que le panneau soit retourné vers l'intérieur de la pièce où se déroulent les prises de vue, et non plus vers la voie publique, appauvrissant l'impact, et détournant le sens de l'initiative. «Je ne peux pas empêcher certains habitants d'Uzès de révéler leur anatomie. Mais je ne peux les laisser l'imposer à ceux qui ne désirent pas la connaître», a-t-il expliqué, après avoir qualifié d' «horreurs» certains clichés (dans la précipitation, un nombril aura été confondu avec un anus. . .)
Il est à noter que son adjoint à la culture, Gérard Hampartzoumian, s'est désolidarisé de cette décision : «A l'époque de Loft Story, le Corporoïd ne montre rien de plus à voir que n'importe quel musée, celui d'Orsay par exemple. En revanche, il est enthousiasmant - et conforme à l'esprit d'un festival de danse contemporaine - de voir que des centaines d'habitants d'une ville qui n'en compte que 8 000 aient été partants pour une telle expérience» a-t-il confié.
Dans un souci d'apaisement, et afin de préserver une oeuvre qui sera visible aux Rencontres d'Arles, la direction du Festival d'Uzès a préféré obtempérer. D'origine inconnue, une campagne d'affichage sauvage sur les murs de la localité, a ensuite montré des photocopies d'une souriante jeune fille aux seins nus, avec le slogan «Non à la censure».

Date de publication : 01/01/2001


Mots-clés : festival, espace public
Inséré le : 26/06/2001 00:00
Thèmes : photographie, danse,