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Dijon, Pau et Avignon d'humeur danseuse et festivalière

Chapeau : Trois festivals à Dijon, Avignon et Pau, offrent cette semaine un vaste panorama de la danse contemporaine.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Apparence :

Texte : Art Danse Bourgogne
Depuis 1988, l'association Art Danse Bourgogne se livre à un patient travail de développement chorégraphique à Dijon et sa région. Investissant plusieurs lieux dijonnais (l'Auditorium, le Théâtre des Feuillants, le Théâtre du Parvis Saint-Jean, le Théâtre Mansart, l'Atheneum), essaimant à Auxerre, Beaune, Le Creusot, Mâcon, Montceau-les-Mines, Nevers et Quetigny, l'édition 2003 d'Art Danse Bourgogne réunit notamment Emio Greco avec Double Points (Dijon, 25 février), Anne Teresa de Keersmaeker (Rain, Dijon, 4 et 5 mars), Josef Nadj (Petit Psaume du matin, Beaune, 8 mars) , Akram Khan (Kaash, Dijon, 11 mars), Nassert Martin-Gousset (La Maison, Nevedrs, 13 mars ; Dijon, 15 mars), Georges Appaix (M. encore !, Le Creusot, 18 mars), et Le cabinet forain de Dominique Jégou (Dijon, 27 mars).
Enfin, avec plusieurs complices musiciens et danseurs, Karim Sebbar lance ses Perturbations au cœur de Dijon, du 10 au 15 mars. Au détour d'une rue piétonne ou dans une exposition, dans le hall d'un théâtre ou au milieu d'un grand magasin, ces Perturbations s'invitent et s'infiltrent dans l'espace urbain. Plasticien de formation, Karim Sebbar a fait ses débuts en danse aux Folies Bergères avant de travailler pour Maguy Marin et Mark Tompkins puis, ces toutes dernières années, de privilégier les démarches d'improvisation et de composition spontanée.


Les Hivernales d'Avignon, Rétrospective Maguy Marin.
Revoir May be, pièce créée voici vingt-deux ans, jouée partout dans le monde, emblématique du premier style théâtral de Maguy Marin, étendard d'une jeune danse française partant alors à la conquête des publics. Mais se cogner aussi Les applaudissements ne se mangent pas, toute dernière pièce de constat et de combat, sur le sort des peuples latino-américains, dérangeante même pour les Mexicains qui l'ont vue en tournée. Se délecter de Cendrillon, par le Lyon Opéra Ballet (1985), dépoussiérée par un jeu de masques enchantés. Et affronter encore Points de fuite, une pièce hurlant dans l'après 11 septembre, les mots de Francis Ponge y débusquant l'esquive intellectuelle de nos consciences molles.
Ces pièces de Maguy Marin, enjambant un quart de siècle dans ses cinglantes contradictions, figurent au menu des Hivernales d'Avignon, qui fêtent leur vingt-cinquième anniversaire. D'autres invités « historiques », quatre journées de colloque (« où va la danse ? ») des cartes blanches et reprises de moments forts étofferont cette double commémoration en mouvement.


Festival Plurielles
Fidélité à des démarches qui cultivent amoureusement l'humus de la danse contemporaine : c'est, comme toujours, à une programmation sensible que convie Michel Vincenot pour le festival Plurielles au Théâtre Saragosse à Pau. Des créations de Christian Bourigault (Vis à vi..., le 3 mars), du Chinois Gang Peng (Dialogues, le 5 mars), de Daniel Dobbels (De tous ces temps, le 13 mars), de Pierre-Johann Suc et Magali Pobel (Il faisait trop beau pour mourir, le 2 avril) tissent une toile délicate au sein de laquelle prennent place des duos du québecois Paul-André Fortier (Tensions, le 15 mars), d'Yvann Alexandre ( et Les aléas, le 22 mars), d'Hélène Cathala et Fabrice Ramalingom ([Far]>/i>, le 25 mars), des solos de Michèle Noiret et de Héla Fattoumi (le 20 mars) et de Mathilde Lapostolle (Tampopole 30 mars).
L'attention portée aux matières chorégraphiques n'empêche pas que se glisse une salutaire part d'ironie et d'auto-dérision, comme c'est le cas dans le travail récent de Caterina Sagna, Relation publique (les 7 et 8 mars), ou dans la pièce fragmentée de Loïc Touzé, Morceau (les 28 et 29 mars) ; ni même qu'une énergie puisée dans les sonorités du rock industriel et de la musique techno vienne nourrir une sensation de chaos, dans Togué de Carlotta Ikeda (4 et 5 avril)
Enfin, pendant toute la durée du festival, le Théâtre Saragosse accueille une exposition de Patricia Armanjon, dont les photographies en noir et blanc sont comme « des éclats où le corps attend le corps ».


Date de publication : 27/02/2003


Inséré le : 26/02/2003 00:00
Thèmes : danse,