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L'unité sans l'uniforme

extraits

Chapeau : Raffaella Giordano jette corps et âmes dans le cirque de la vie. Sans titre réunit des hommes en noir, liés dans un destin commun où chacun porte sa différence. La chorégraphe italienne dresse avec ce nouvel opus un tableau en mouvement de la condition humaine.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Rubrique : 21

Raffaella GIORDANO chorégraphe
Frédéric KAHN rédacteur

Texte : Raffaella Giordano multiplie depuis quinze ans les actes de ruptures. La chorégraphe et danseuse italienne ne se fige jamais dans un rôle et se méfie de tout savoir faire.
En 1999, elle se lance dans un spectacle performance, Quoeur, dans lequel elle annihile toute idée d'esthétisme, accumule les postures les plus radicales et les plus triviales, désarçonne les lois les plus élémentaires de la représentation de soi et des autres, fait voler en éclats les masques et met à nu une vérité des êtres impitoyables.
Trois ans plus tard, après avoir fait table rase, elle s'attelle à une autre construction spectaculaire, toujours aussi polymorphe et mouvante. Mais cette fois-ci, toutes les forces en présence travaillent ensemble. Le spectacle s'intitule Sans titre, parce que nommer c'est déjà clore. Elle bâtit un environnement complexe, en transformation constante dans lequel s'ébat et se débat un échantillon d'humanité. Cet univers apparaît au premier abord fragmenté et chaotique, mais c'est pour mieux rompre avec les leurres de l'homogénéité factice. Raffaella Giordano n'a qu'une certitude : « La condition humaine est stupéfiante. » Pourtant, cette fascination n'est ni aveugle, ni paralysante. Un lien puissant unit protagonistes et public, il est constitué de réminiscences et de fulgurances, de symboles et de signes, de paroles et de gestes qui tous disent la difficulté et la nécessité du vivre ensemble. Elle construit ainsi les fondations d'« un destin commun » entre les hommes, toujours en devenir, dans l'interdépendance permanente. Ici, l'unité est à l'œuvre sans l'uniforme.
Nous ne sommes plus face à un système figé, mais portés par des flux de sensations. Les frontières entre monde intérieur et monde extérieur, entre soi et les autres deviennent poreuses. La scénographie, la dramaturgie, la chorégraphie, la mise en scène deviennent autant de palettes de sensations que l'artiste convoque pour ouvrir un champ d'imbrications sans fin entre les consciences et la matière.
(...)



Inséré le : 26/02/2003 00:00
Thèmes : danse,