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La distance active


«Another dream»



Entretien réalisé au lendemain de la représentation de «Another Dream», au festival Montpellier Danse.


Dans Antoher dream, quelques brèves séquences nous convainquent que vous êtes physiquement à même de danser (au sens d'une accentuation énergétique et rythmique du mouvement). En rester plutôt à des marches, entrecoupées de postures presque figées, comme sur le bord de la danse, relève de votre choix. Comment s'explique ce choix?
S'agit-il de problématiser le regard du spectateur sur la danse, de le frustrer pour le renvoyer à une méditation sur le corps, qui l'implique aussi?
Raimund Hoghe
: J'effectue un pas après l'autre, dans mon approche de la danse.
Mais peut-être les choses évolueront-elles dans le futur. Mon prochain spectacle, avec les danseurs Sarah Chase et Vincent Dunoyer, pourrait bien comporter quelque pas de deux. Vincent Dunoyer vient de Rosas, et à présent toute sa recherche porte sur les sources de la danse. Mais vous savez, dans Another dream, je danse déjà beaucoup plus qu'avant! D'autres, comme Jérôme Bel, me le disent... J'ai énormément de respect pour la danse.
Pina Bausch dit qu'une caresse, c'est déjà de la danse.
Je ne retiens pas l'hypothèse que vous évoquez à propos de mon rapport au public. S'il y a quelque chose de particulier à chercher de ce côté là, c'est plutôt sur la durée que cela portera. Je laisse au public tout le temps de regarder, d'intégrer, et de penser. C'est un rapport au temps avant tout.
De la même manière, je reste éloigné du bord de scène. La distance active l'imagination du public.

Pourrait-on produire un dessin qui retracerait vos déplacements au sol. Sont-ils très écrits, correspondent-ils à des grilles?
Non. Ils ne sont guidés que par l'inspiration musicale.

Dans une société marquée par la surabondance de l'objet de consommation, comment effectuez-vous le choix de ceux que vous produisez en scène?
J'adore les objets. Ceux qui sont là appartiennent à ma vie, sont très personnels, parfois de longue date, comme le petit éventail rouge. Puis je m'intéresse à leurs combinaisons, de couleurs par exemple, ce qui explique la nudité noire de la cage scénique, pour renforcer leur éclat. Puis il y a des correspondances de sens, avec le contenu des chansons par exemple. C'est tout un langage qui, je pense, s'inscrit dans l'esprit des spectateurs, et peut s'y développer en profondeur. La façon dont un seul petit objet peut transformer tout un espace, voilà qui me fascine.
Mais avez-vous remarqué, dans Another dream, je ne touche pas un instant au bouquet de fleurs qui demeure dans un coin de la scène. Leur beauté suffit largement...

Gérard MAYEN,
Publié le 2001-07-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : Montpellier, corps, altérité, regarder,
Artiste(s) : Raimund HOGHE (danseur), Gérard MAYEN (rédacteur), Vincent DUNOYER (danseur), Sarah CHASE (danseur), Pina BAUSCH (danseur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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