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Fermeture automatique des théâtres




Le Studio-Théâtre d'Alfortville est menacé de fermeture par manque de financement.


Depuis le début de la saison, les signes s'amoncellent. Peu visibles, pas toujours reliables, à première vue. Les lieux culturels de service public sont menacés, le ministère est de moins en moins capable d'impulser une dynamique politique, et les adversaires d'une réelle politique exigeante, de qualité, sont de plus en plus nombreux. Mais les attaques ne sont pas frontales. Rares sont les opposants d'une culture publique forte qui avancent démasqués – comme récemment le maire (socialiste) de Feyzin, qui choisit cyniquement la sécurité, en fermant le théâtre de sa ville – pourtant largement fréquenté, et très dynamique.
C'est beaucoup plus insidieusement que les lieux de culture et de pensée sont menacés, comme en témoigne la situation catastrophique du Studio-théâtre d'Alfortville, comme le résume ce communiqué signé par différents élus locaux. Il faut souligner la force artistique d'un projet qui a centré son travail sur la diffusion d'œuvres contemporaines exigeantes : Edward Bond, Didier-Georges Gabily.

Voici les termes du communiqué des élus locaux.
«Simultanément ouvert aux habitants d'Alfortville et du Val-de-Marne, sur le monde et la création, le Théâtre-Studio et la compagnie Christian Benedetti ont entrepris depuis 1997 un travail artistique, culturel et social, reconnu bien au-delà de notre département, nationalement et internationalement.
Dépassant les limites imposées par la faiblesse des subventions, ils ont pu, en faisant appel au militantisme artistique et culturel, en créant un réseau d'institutions, d'associations, de citoyens, se développer en direction des écoles, des hôpitaux, des quartiers, accueillir 120 représentations de créations contemporaines et plus de 5000 spectateurs cette saison, prouver que l'art du théâtre pouvait être indispensable.
Aujourd'hui, cet équilibre fragile est mis en danger par la fin du programme "emplois-jeunes" décidé par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. En l'absence de mesure nouvelle le Théâtre-Studio et la compagnie Christian Benedetti annoncent qu'ils perdraient, à partir d'août 2003 un tiers de leurs revenus et seraient contraints de cesser leurs activités après avoir licencié l'intégralité du personnel.
Ce que nous ne pouvons accepter.
Nous sommes solidaires de l'équipe du théâtre et des citoyens mobilisés, qui se battent pour poursuivre ce travail de service public du théâtre que nous jugeons exemplaire et vital pour le rayonnement de la culture vivante.
Nous interpellons le ministère de la Culture pour qu'il prenne ses responsabilités.

Jocelyne Panteix (maire-adjointe d'Alfortville), Evelyne Rabardel
(Vice-présidente du Conseil général du Val-de-Marne chargée de la culture), Laurent Klajnbaum (Responsable départemental PCF chargé de la culture), Jean-Jacques Porcheron (Vice-Président de la communauté d'agglomération de la plaine centrale Président du groupe communiste)
»

Une augmentation de 500 000 francs avait été promise par la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), qui s'est ensuite désengagée. Mais la stabilisation financière du Studio-théâtre ne peut exister sans un engagement de l'ensemble des partenaires, à commencer par ceux qui signent ce communiqué alarmant ! La seule issue serait de voir les différents partenaires se mettre à la table pour assumer solidairement des financements à la hauteur du projet artistique d'Alfortville. Toute bonne décentralisation commence nécessairement par soi-même, et ne permet d'excepter aucune des instances en présence.

Bruno TACKELS,
Publié le 2003-03-20

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

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Artiste(s) : Bruno TACKELS (rédacteur),
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Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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