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Sur quelques évi-danses

Décompositions

Chapeau : Emmanuelle Vo-Dinh décompose l'articulation du temps et de l'espace que trace le geste à la source. Exercice hypnotique.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Apparence :

Rubrique : 2003

Gérard MAYEN rédacteur
Emmanuelle Vo-Dinh chorégraphe

du 17/03/2003 00:00 au 19/03/2003 00:00
Salle : Centre national de la danse
15, rue Geoffroy - l'Asnier
01 42 74 06 44
Paris 75004 France (Ile-de-France)

les 17, 18 et 19 mars au studio du CND

du 23/06/2003 00:00 au 23/06/2002 00:00
Salle : Centre Chorégraphique National de Nantes
Nantes 44000 France (Nord-Ouest)

le 23 juin 2003


Texte : Au centre : un plateau carré, légèrement surélevé du sol, surligné d'une teinte rouge éclatante. En deux grands cercles tout autour, les spectateurs sont franchement enfoncés dans des sièges-sacs. La proximité est d'emblée installée. D'autant que les deux danseurs, et la danseuse, semblent surgir de ces rangs.
Comme s'ignorant, ne se touchant jamais, ils parcourent le plateau par de brèves marches, sur de courtes trajectoires, et s'arrêtent ici et là sur la répétition d'une gamme de postures simples et très lisibles : allongés au sol sur un côté, enroulés à la renverse, jambes tendues vers le plafond, tassés accroupis, etc.
Tout se fait avec tant de lenteur, de méthode, et de détachement, qu'on pourrait croire à une démonstration de non-danse. Mais un doute perceptif se répand. Une légère hypnose. Pur effet de mise en boucle ? Ou accélération ? Les deux. Toujours identiques dans leurs formes et en leurs lieux, les postures se rapprochent imperceptiblement dans le temps. Par là s'intensifient les élans, les transferts de poids, les densités dynamiques qui désormais les lient.
Peu à peu l'espace s'est creusé, le temps aspiré, et de lien en lien, toujours plus véloce, le geste dansé s'est mis à couler depuis cette source percée dans le jeu de leur articulation. Cela semble d'évidence. Mais il y a principe artistique à questionner, remettre en jeu, secouer les évidences. Ainsi, de ce petit traité vivant de bio-mécanique des corps, Emmanuelle Vo-Dinh se sauve en replaçant poétiquement la danse comme ce qui émerge, se déploie et déborde.
On y trouve une jubilation retrempée au minimalisme.
La seconde partie de ces Décompositions en révèle un peu trop rapidement la limite. Soit un bon exercice sur une belle idée. Cette fois au contraire, les trois nouveaux interprètes se touchent les uns les autres, de leurs mains neutres, portées successivement en tel et tel point du corps. En découle un entrelacs dynamique de membres, de plus en plus virtuose. Le problème est qu'on a déjà assimilé le principe lors de la séquence précédente ; que celle-ci ramasse l'espace en trio compact quand celle-là l'ouvrait de toute part ; et que les gestes peuvent finir par passer pour prétextes. A moins que le plafond très bas du studio du CND ait nui à l'éclat de cette combinatoire cette fois inscrite dans la verticalité.

Décompositions a été créé les 11 et 12 mars à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc, puis programmé les 17, 18 et 19 mars au studio du CND à Paris.

Le spectacle sera accueilli le 23 juin 2003 par le Centre chorégraphique national de Nantes-Pays de la Loire, puis en octobre par celui de Rennes-Bretagne.


Date de publication : 10/03/2003


Inséré le : 19/03/2003 00:00
Thèmes : danse,