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Tentative de déstabilisation

Danse au futur

Chapeau : Les compagnies Karine Ponties et Mossoux-Bonte, invitées de Danse au futur, à Aix, tentent de troubler les frontières entre réel et virtuel.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Apparence :

Rubrique : 2003

COMPAGNIE KARINE PONTIES Metteur en scène
COMPAGNIE MOSSOUX-BONTE Metteur en scène
Frédéric KAHN rédacteur

du 11/03/2003 00:00 au 15/03/2003 00:00
Salle : Danse à Aix
1, place John Rewald
04 42 23 41 24
Aix-en-Provence 13100 France (Sud-Est)

Du 11 au 15 mars 2003


Texte : Outre un festival d'été, Danse à Aix, propose désormais des rendez-vous tout au long de l'année. Du 11 au 15 mars, Danse au futur regroupait une série de spectacles de formes très différentes, mais toutes habitées par la même volonté de troubler les frontières entre le réel et le virtuel. Ce territoire a déjà été beaucoup exploré et aboutit souvent à des formes sans grand intérêt. Le Katafalk de la compagnie belge Mossoux-Bonté fait malheureusement partie de cette catégorie de spectacles qui utilisent la technologie de l'image mais sans transcender son pouvoir de fascination. Cette instalation-performance entremêle images projetées et corps réel. Les projections servent à la fois de décors, de supports et de prolongement au corps d'une danseuse évoluant dans le présent de la représentation. Son ainsi évoqués des états d'apesanteur, d'évanescence, des changements d'échelle, de formes et de dimensions du corps humain. Mais, le procédé de déréalisation fonctionne sur des effets spectaculaires assez peu originaux. La danseuse semble alors bien pesante, incapable de proposer le moindre dépassement de l'être autrement que par l'utilisation de prothèses techniques qui elles-mêmes renvoient à des clichés sur “la volatilité de l'âme”, la séparation du corps et de l'esprit, le tangible et l'intangible...

La proposition de Karine Ponties et de Cécile Loyer, Capture d'un Caillot, présentée également dans le cadre de Danse au futur, au 3 bis f, est nettement plus singulière. Ce spectacle démultiplie les points de vue et les mises en miroir : jeu de reflets, de loupes grossissantes et d'images explosées en une multitude de parcelles, mais aussi jeux d'ombres et de lumières, d'apparition-disparition, de réconciliation entre le centre de gravité et les périphéries du corps. Audacieuse sans jamais être racoleuse, cette Capture d'un Caillot évite les écueils de la provocation et de la séduction facile. L'énergie et l'insolence sont, ici, au service d'un sens esthétique remarquable. Karine Ponties est au cœur d'un enchaînement de séquences qui possède sa propre logique interne. Fascinante et animale dans sa gestuelle, la danseuse-chorégraphe suscite un étonnement constant. Elle aborde ce monde comme s'il venait d'être créé. Et, de ce fait, le réinvente. Cécile Loyer lui donne la réplique, personnage complémentaire, autre facette de cette découverte de l'inconnu. Toutes les deux semblent en équilibre au bord du gouffre. Elles adoptent une position toujours instable, “pour demeurer dans une incertitude transitoire, dans une charnière, pivot, pôle, point délicat et primordial de jonction”. Et, un spectacle en suspension ne peut que susciter du suspens.

Date de publication : 10/03/2003


Inséré le : 19/03/2003 00:00
Thèmes : danse,