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Mise en scène d'Alain Barsacq à la Comédie de Béthune.
Les émigrés, de Slawomir Mrozek.
Chapeau : En création à la Comédie de Béthune, du 27 mars au 3 mai, Alain Barsacq met en scène
Les émigrés, de Slawomir Mrozek, huis clos à la fois oppressant et drôle qui survit au contexte de la guerre froide.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Rubrique : 2003
Alain BARSACQ Metteur en scène
Slawomir MROZEK auteur
du 27/03/2003 00:00 au 03/05/2003 00:00
Salle : Comédie de Béthune
138 rue du 11-Novembre
03 21 63 29 00
Béthune 62400 France (Nord-Ouest)
27 mars au 3 mai 2003 (du 27 mars au 12 avril au Studio Théâtre à Béthune (mardi et jeudi à 19h ; mercredi, vendredi et samedi à 20h30 ; relâche dimanche et lundi). Le 26 avril à 20h30 à Marles-les-Mines. Les 2 et 3 mai à 20h30 à Bruay-la-Buissière)
Texte : Slawomir Mrozek est devenu, à côté de Beckett et de Ionesco, un des auteurs dramatiques clés du monde contemporain, par son goût du grotesque et son acharnement à tourner en dérision la société. A l'image de ses caricatures de presse, ses textes sont vifs, incendiaires, efficaces et très drôles.
Les émigrés en est un exemple frappant. En ce soir de réveillon, on ripaille dans les règles de l'art à tous les étages, sauf au sous-sol, où ont trouvé refuge deux êtres déchus, deux émigrés dont nul ne sait d'où ils viennent. A priori, tout sépare ces deux déracinés qui n'ont pour tout bagage que le souvenir de cet ailleurs qu'ils ont dû quitter. C'est sur le terrain de leurs ressemblances que tous deux vont s'affronter cruellement dans ce huis clos à la fois oppressant et drôle, car tous deux sont les victimes absurdes de leur propre chimère qui les maintient dans l'incapacité à vivre le moment présent et les asservit bien plus efficacement que n'importe quelle forme de tyrannie ou d'exploitation. Avec un art du grotesque qui fait songer à la technique de l'eau-forte, Mrozek s'attaque aux masques hypocrites sous lesquels se cache l'aliénation de l'homme.
Pour Alain Barsacq, « Il y a avant tout dans cette pièce une
réalité parfaitement inacceptable, qui nous est donnée à voir de beaucoup trop près, dans une intimité choquante. Les deux émigrés de Mrozek s'inscrivent dans le contexte de la guerre froide, à présent révolu. Révolu, mais pas dépassé. L'Histoire a changé de trajectoire, voilà tout, et son nouveau cours – la mondialisation, disons pour simplifier, et les périls divers qu'elle suscite – laisse sur le bord du chemin tout autant, si ce n'est plus, d'exclus, d'émigrés, d'exilés, de marginaux, d'expatriés, de déplacés, de déracinés, que par le passé. Cela, nous le voyons, c'est vrai, mais de loin – Sangatte – ou vite fait en passant, sur un trottoir ou dans une station de métro. Ce qui dérange chez Mrozek, c'est précisément qu'il nous propose de nous arrêter, sans nous esquiver, et d'être confrontés à l'énigme d'une tragédie dont la fatalité est bien plus sociale et intellectuelle que métaphysique ou psychologique ».
Date de publication : 24/03/2003
Inséré le : 24/03/2003 00:00