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Autour de Nicolas Schöffer

Chapeau : Le 29 avril une séance de Scratch est consacrée à Nicolas Schöffer. A travers une sélection 9 films rares, sa femme et collaboratrice, Eléonore de Lavandeyra-Schöffer, présentera ce créateur atypique, pionnier de l'art cybernétique.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : biographie (Mots-clés : )

Genre Ressource : biographie

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Muriel CARON rédacteur
Nicolas SCHÖFFER plasticien

shoffer1.jpg (crédits : Nicolas SCHÖFFER / )
Légende : La Tour Chronos 10 sera inaugurée en mai sur les bords de Seine. Photo : Schöffer
shoffer2.jpg (crédits : Nicolas SCHÖFFER / )
Légende : La Tour Chronos 10 sera inaugurée en mai sur les bords de Seine. Photo : Schöffer

du 29/04/2003 00:00 au 29/04/2003 00:00
Salle : Centre Wallonie-Bruxelles-salle de cinéma
46, rue Quincampoix
01 53 01 96 96
Paris 75004 France (Ile-de-France)

Le 29 avril 2003, à 20 h


Texte : Nicolas Schöffer (1912-1992), né à Kalocsa en Hongrie, s'installe en 1936, à Paris, où il entre à l'Ecole des Beaux-Arts. En 1948, il rompt avec la peinture et la sculpture, trop saturées à son goût, pour s'engager dans des recherches combinant art et cybernétique. A travers les notions de spatiodynamisme, luminodynamisme et chronodynamisme, l'espace, la lumière et le temps deviennent ses matériaux de base, tandis que la cybernétique lui sert à développer des structures-programmes de contrôle et régulation du comportement pour un art pour tous, à dimension environnementale et urbanistique.
Mêlant rigueur méthodique et inventivité formelle, Nicolas Schöffer décline chacune de ses notions à l'échelle de la sculpture, de l'architecture et de l'urbanisme et ce, via une abondance d'écrits théoriques, de plans, maquettes, projets et spectacles expérimentaux... Ainsi, le spatiodynamisme, qu'il définit en 1948 comme une: «intégration dynamique et constructive de l'espace dans l'œuvre plastique», donne lieu à des sculptures aérées, transparentes et pénétrables, à un projet de ville spatiodynamique élaboré en 1952 et, deux ans plus tard, à la première Tour Spatiodynamique Cybernétique et Sonore présentée lors du Salon des Travaux Publics au Parc de Saint-Cloud. D'une hauteur de 50 mètres, elle générait «sa propre musique, composée par Pierre Henry, à partir de chocs sur les plaques d'acier de la tour. Six morceaux étaient ainsi élaborés, combinés par un cerveau électronique situé au bas de la tour.» (Nicolas Schöffer/Philippe Sers, Entretiens, p. 41).
Plusieurs autres projets de tours, réalisés ou non, vont suivre. Citons, la Tour Spatiodynamique et Cybernétique de Liège, qui date de 1961, conçue pour se mouvoir en fonction des informations reçues de son environnement. Mesurant 56 mètres, elle est munie de 33 axes tournants et d'autant de moteurs qui les font pivoter, chacun à des vitesses différentes, entraînant 64 plaques-miroirs et pales, de formes et dimensions variées. Avec ses mouvements, musique et éclairage gérés par un système électronique et modulés en fonction des informations reçues par des senseurs extérieurs (micros, thermomètres...), la tour traduisait «l'humeur» de la ville dans laquelle elle est intégrée. Sur le même principe, mais dans des proportions décuplées, la Tour Lumière Cybernétique (T.L.C.), le projet le plus ambitieux de Nicolas Schöffer, a été abandonné après la mort du président Pompidou qui avait pourtant donné son aval pour une implantation à la Défense. Dotée de tubes d'acier, la T.L.C. devait mesurer 320 mètres de haut et être garnie de 260 miroirs, 3 000 projecteurs et 2 000 flashs de couleurs variées. A défaut de la réactivation de ce projet pharaonique, l'œuvre de Schöffer est néanmoins présente dans la ville de Paris grâce à un don de l'artiste, à l'occasion de la création du Jardin de sculptures en plein air, en 1980. Chronos 10 vient d'être restaurée et sera réinstallée le 28 avril prochain au jardin Tino Rossi, sur les berges de la Seine.
Depuis la mort de Nicolas Schöffer, en 1992, sa femme se bat (avec des moyens bien insuffisants) pour maintenir en état l'atelier où il s'était installé, depuis 1955, Villa des Arts, dans le XVIIIe arrondissement. Via l'Association internationale des Amis de Nicolas Schöffer, elle propose des visites de l'atelier (où sont rassemblées des milliers d'œuvres sur toiles et papier, une centaine de sculptures, quantité de projets architecturaux et une documentation conséquente) et cherche à pérenniser une œuvre injustement méconnue, dont le site internet (www.olats.org/schoffer), le catalogue raisonné en cours et un CD-Rom en préparation témoignent de l'ampleur.

Date de publication : 24/04/2003


Mots-clés : tour, cybernétique
Inséré le : 23/04/2003 00:00
Thèmes : arts plastiques,