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Introduction à l'enquête en Chiraquie
La culture dans les affaires
Chapeau : Jusqu'à ce jour, la culture est restée absente du puzzle des «affaires» qui se multiplient autour du chef de l'Etat. L'objet de l'enquête qui suit est de montrer que, dans la culture comme ailleurs, le clan Chirac a organisé ses réseaux, et que le résultat laisse grandement à désirer.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : analyse (Mots-clés : )
Genre Ressource : texte d'analyse
Apparence :
Rubrique : 11
Jacques CHIRAC personnage politique
La rédaction de Mouvement rédacteur
Jean-Jacques AILLAGON personnage politique
François PINAULT collectionneur
Jacques TOUBON personnage politique
Texte : La Chiraquie a le feu aux fesses. La seule inconnue: la vitesse de propagation de l'incendie. Quelles nouvelles informations viendront nourrir le brasier qui atteint, l'un après l'autre, les étages de la maison Chirac? Depuis la «cassette Méry» et son lot d'informations «abracadabrantesques», nous allons de surprise en surprise. Procès de Mme Casetta, non lieu, puis nouvelle garde à vue au cours de laquelle la «trésorière officieuse» du RPR commence à se lâcher... Incarcération, puis remise en liberté de Michel Roussin, «le dernier fusible de Chirac». Quel feuilleton! Et combien de «derniers fusibles» restent-ils en service avant le court-circuit généralisé? Il ne manquerait plus que Jean Tiberi et Charles Pasqua se mettent à parler...
Jusqu'à ce jour, la culture est restée absente du puzzle des affaires». Y aurait-il, au RPR aussi, une «exception culturelle» dont la qualité serait celle d'une oasis de vertu au milieu du marigot? Doucement... La culture n'a sans doute pas un tel poids économique qu'elle ait pu être un réservoir à financements politiques et emplois fictifs. Encore que...
L'objet de l'enquête qui suit est de montrer que, dans la culture comme ailleurs, le clan Chirac a organisé ses réseaux, et que le résultat laisse grandement à désirer. Le RPR a-t-il une politique culturelle? Mais oui... Avec une remarquable constance, le Conseil de Paris a ainsi toujours privilégié le financement du patrimoine aux activités de création et de diffusion. Voilà un premier élément de programme: la culture se conserve, elle ne s'invente pas. En 1993, Jacques Toubon avait contribué à rédiger le programme culturel du RPR (1). On y lisait notamment: «plus les crédits, plus les interventions de l'État et des collectivités locales augmentent, plus se réduit le public de l'art et de la culture (...). La politique culturelle doit donc, s'appuyant sur les acquis de la dernière décennie, mettre désormais l'accent principal, non plus sur le développement de la production et de la création, mais sur l'élargissement du public». Allez Robert Hossein!
C'est, au fond, quoique de façon déguisée, le programme que met en œuvre aujourd'hui Jean-Jacques Aillagon (ex-directeur des affaires culturelles de la ville de Paris) au Centre Pompidou, en misant sur des expositions-événements et en faisant entrer le loup du privé dans la bergerie de «l'établissement public».
Ce fut encore, sur un registre plus alambiqué, le cas de «La Beauté» en Avignon, principalement produite par la Mission 2000 en France, dont le même Jean-Jacques Aillagon assure la Présidence: opération aussi éphémère que dispendieuse où la mise en oeuvre d'un copieux «plan médias» aura mobilisé plus de savoir-faire que l'exigence minimale d'installation technique des œuvres présentées. La voie est libre pour que de vrais «industriels» comme François Pinault (encore un grand ami de Jacques Chirac), s'avançant sous le masque trompeur du «mécène moderne», ne raflent la mise d'une culture aux enchères.
1. Rassemblement pour la République, Haut-Comité Homme et Société:
La politique culturelle de la France: bilan et perspectives, janvier 1993
Date de publication : 01/01/2001
Mots-clés : enquête, réseau, événement
Inséré le : 30/07/2001 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,