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Overlook



Au Parvis de Tarbes, Virginie Barré met en scène une installation baignée de références cinématographiques qui fait basculer le visiteur entre rêve, réalité et fiction.


Un espace contraint. Un boyau sans issue parsemé de signes, d'indices. Un couloir où l'on reconnaît le sol à motifs géométriques de l'hôtel Overlook. Une référence explicite au film Shining, un référent récurrent dans le travail de Virginie Barré. Des ballons et des cotillons jonchent le parcours, celui-là même qu'emprunte le petit Danny sur son tricycle dans le huis clos de Stanley Kubrick. Des dessins au trait délicat forcent le contraste de situations inquiétantes, un jeu d'inversions dont les protagonistes se changent en victimes à la suite d'un renversement de proportions.
Les portes des différentes chambres sont scellées, semblant devoir résister à toute tentative d'intrusion. Pour demeurer secrètes probablement. Sur une seule de ces portes, un judas offre au visiteur le moyen de découvrir l'espace adjacent. C'est en se penchant sur l'œilleton qu'il devient le témoin d'une extraordinaire scène de lévitation. Plus loin, on découvre un homme-gorille assis et inerte, endormi. Comme s'il avait été ensorcelé par une jeteuse de sorts. Le dispositif créé par Virginie Barré est propice à l'imaginaire parce qu'il met en tension une narration fragmentée, au cœur de laquelle opèrent des béances. Ce qui pourrait paraître anecdotique participe d'une construction ouverte et mentale. Une fête vient de s'achever... elle a sans doute mal tourné. La mise en situation que renferme Overlook appelle la mémoire d'un souvenir troublé, la reconnaissance d'un rêve agité. Entre fiction, rêve et réalité, on se prend à chercher les limites de l'illusion. Sans doute pour voir l'envers du décor et méditer cette phrase que Virginie Barré se plaît à nous rappeler -une explication que le cuisinier de l'hôtel donne à Danny dans Shining-: «Eh bien vois-tu canard, quand quelque chose se passe, ça peut laisser des traces comme sur la neige ou disons comme lorsqu'on laisse brûler un toast. Tu vois? Peut-être comme des événements passés peuvent laisser une autre sorte de trace derrière eux. Non pas des traces que tout le monde peut voir, mais des traces que les personnes qui ont le shining peuvent voir. De même, elles peuvent voir ce qui ne s'est pas encore produit et parfois voir ce qui s'est passé il y a très longtemps!»

David BERNADAS,
Publié le 2003-05-15

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu
Thème(s) : art plastique, installation,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Virginie BARRE (plasticien), David BERNADAS (rédacteur),
Passage(s) : Le Parvis, centre d'art contemporain Tarbes 65000 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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