Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Effet-miroir

Temporalisation, variation, mémoire

Chapeau : Temporalité, variation et mémoire, sont les caractéristiques du travail de James Coleman. Essentiellement narrative, l'oeuvre -placée dans un dispositif théâtral sans effet particulier de mise en scène- interpelle le spectateur.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Rubrique : Espace critique
Rubrique : 11

James Coleman plasticien
Jean-Christophe Royoux auteur

Texte : L'oeuvre de Coleman ne fait pas que thématiser les structures du souvenir ou de la mémoire, elle révèle comment ces structures elles-mêmes entrent pleinement dans la constitution d'une oeuvre tout au long de son processus de développement et d'affirmation. Elle se nourrit en somme des caractéristiques qui la fondent : temporalisation, variation, mémoire. C'est en quoi, peut-être, elle est essentiellement narrative. Pourtant, il n'est pas simple de reconnaître ce qui est dit dans «les logiques sans issues» (3) des histoires de James Coleman, du fait de l'usage singulier de la langue, de son lexique, de sa couleur (timbre, accentuation, etc.). On sait également que James Coleman ne tient pas à faciliter l'analyse textuelle de ses récits, dont l'approche peut être faite seulement en situation d'exposition, sans transcription et, presque toujours, sans traduction. On peut aisément reconnaître cependant, comme dans Lapsus Exposure,1992-94, que les «monodialogues» de James Coleman -les dialogues monologiques ou les monologues dialogiques- fonctionnent presque toujours sur le mode de l'interpellation du spectateur : comme des stimulateurs de regard, des démultiplicateurs de point de vue. Presque chaque phrase peut en effet se rapporter à la situation dans laquelle il/elle se trouve face à la représentation. Si, dès lors, il est vain de vouloir recomposer le rébus d'un récit dont tout l'art aurait été au contraire de le décomposer, il faut se demander comment interroger ce qui est dit par-delà le détail des mots. Autrement dit, si comme le prétend Jean Fisher (4), il est possible de reconnaître dans ces récits, sans passer par la reconstitution du rébus des intrigues, la récurrence d'un même scénario auto référentiel qui pose toujours et à nouveau la question: qui es-tu? -sous entendu, toi qui m'écoutes, me regardes-, c'est aux modalités concrètes de l'implication de cette question qu'il faut s'intéresser. S'intéresser en somme moins à ce que l'oeuvre déconstruit qu'à ce qu'elle construit, participer à l'ouverture de son projet.
On ne peut donc favoriser une opposition simple entre modernisme anti-narratif et auto-réflexif, d'un côté, et postmodernisme réhabilitant les conventions de la théâtralité et du récit, de l'autre. D'une part, parce qu'elle ne permet pas de rendre compte du déplacement et de l'écart vis-à-vis de la tradition littéraire qu'implique la reprise de la pratique du théâtre et du récit dans l'art après 68 (qui est pourtant au moins aussi important que celui qu'elle creuse vis-à-vis de l'absolutisme moderniste) et, d'autre part, parce qu'elle ne permet pas de prendre suffisamment la mesure de l'alternative fondatrice. Malgré et par-delà le caractère élémentaire de certaines de leur formulation, des stratégies post-minimalistes; moment où la clôture tautologique de la représentation se radicalise au point de mettre face à face celui/celle qui regarde avec différentes versions -en fait une variation infinie- d'images de lui/elle-même. Véritables objectivations, passagères mais récurrentes, du sujet percevant. Ceci ne légitime donc pas à mon sens une lecture chronologique du développement de l'œuvre de James Coleman. L'émergence, par exemple, de la figure de l'acteur-modèle remonte bien avant les montages audiovisuels apparemment plus narratifs des années quatre-vingt, de même que certaines propositions des années quatre-vingt-dix, comme «Untitled : Philippe VACHER, 1990» ont une simplicité qui les rapproche grandement de certaines oeuvres clés du début des années soixante-dix.
Je pense donc plutôt qu'il faut la voir comme la reprise et la reformulation incessante du paradigme qui émerge dans l'art avec le minimalisme dont elle est l'une des expressions les plus radicales. L'historicité de son travail se mesure à cette rupture qui a instauré pour la pratique artistique un présent qui dure encore. Les transformations internes de l'oeuvre depuis une trentaine d'années seraient donc plutôt à analyser comme les différents axes d'une carte dont les contours auraient toujours été tracés. D'où l'ambition d'en identifie

Date de publication : 01/01/2001


Mots-clés : temps, récit, mémoire
Inséré le : 02/08/2001 00:00
Thèmes : arts plastiques, théâtre,