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Une femme-marionnette s'exhibe




Nicole Mossoux tire ses propres ficelles devant Patrick Bonté resté dans l'ombre.


La compagnie belge Mossoux-Bonté a présenté Light ! à la Biennale internationale des arts de la Marionnette (1). Patrick Bonté et Nicole Mossoux font se lever les forces du rêve. Nulle marionnette en papier mâché. Pas de castelet. Nicole Mossoux ne se cache pas derrière sa créature. Elle joue la sienne, surgie de l'ombre dans son dos lorsqu'elle allume sa lampe. Elle use de trois fois rien : un vaste écran, une loupiotte, des lueurs de biais. Le corps de Nicole Moussoux se dessinent d'abord dans une forte lumière rasante venue, à cour, des coulisses. N'est-ce pas qu'elle semble tirer son ombre comme une chimère sur les épaules ? Dans une atmosphère qui tient d'un merveilleux de science- fiction, -on songe à une sorte d'Alice au pays des terreurs- la jeune femme s'empare d'une lampe de poche. Elle la glisse sous son menton et son ombre gigantesque se lève sur l'écran. Ses mains s'allongent. Son nez aussi. Sa veste en caoutchouc hérissée de pointes se transforme en un monstre épineux qui l'épie par derrière. La voici qui joue sur deux tableaux, petite présence engluée dans les rets de ses fantasmes, aliénée par l'apparition qu'elle fomente de toutes pièces. Cela rappelle la ruse du fou à se convaincre lui-même. Avec elle, les déjections de l'imaginaire prennent vie devant plus d'un témoin. Le moindre mouvement devient outré. Nous voici au spectacle des violences constituées d'incessantes et d'insaisissables modifications. Elle est prise à la gorge par ses propres gestes qui inventent pour elle de noirs desseins. Tapis dans l'ombre, ils l'assassinent discrètement. Ce sont des images fortes, devenant des visions, voire des hallucinations. Nicole Moussoux joue aussi derrière l'écran, s'approche et s'éloigne rythmiquement, tour à tour nette et floue. Des insectes -ses doigts- grignotent son chef ombrageux. Elle tire la langue et l'on dirait un serpent sorti de l'œuf. Un doigt pivote devant sa lampe. Il semble une énorme batte de base ball. Les deux comparses ont réussi une scénographie animée, sans images vidéo comme c'est aujourd'hui trop la mode.


(1) Biennale internationale des arts de la marionnette, jusqu'au 7 juin, au Parc de la Villette, 75019, Paris. Tél : 01.40.03.75.75


Muriel STEINMETZ,
Publié le 2003-05-27

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : marionnette,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Muriel STEINMETZ (rédacteur), COMPAGNIE MOSSOUX-BONTE (compagnie de théâtre),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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