Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Frictions entre matières brutes et numériques


Les vidéos intuitives



L'artiste italienne, découverte lors du festival Vidéoformes 2002 et du dernier Printemps de septembre de Toulouse, infiltre trois objets vidéos au Cube.


Rouge, jaune, rose... C'est dans la kitch, jolie mais néanmoins saturée de couleurs, cafétéria du Cube qu'Antonella Bussanich a immiscé trois objets vidéos. L'Espace culturel multimédia d'Issy-les-Moulineaux ne possède pas encore d'espace d'exposition. Une Carte blanche en forme de défi a été laissée à l'artiste. «L'espace était difficile mais j'aime intervenir sur des sites qui ne sont pas pensés pour la monstration artistique.», glisse-t-elle. Chacun des trois tableaux vidéos présentés sont intégrés à des objets en bois, une petite cavité évoquant un puits, un cadre et un lutrin. Antonella Bussanich affectionne les frictions entre matières brutes et numériques, sons ou images. Dès 1997, elle confrontait un dispositif technologique de capteurs sonores à une installation de poudre de marbre et de feuilles mortes. Au Cube, les trois objets imposent une présence discrète, fonctionnant comme des points de suspension à travers le brouhaha sympathique de la cafétaria. Accompagné de compositions sonores d'Antony Hecquet à écouter casque sur les oreilles, l'artiste propose une plongée en apnée, dans sa quête personnelle et poétique. Les trois pièces fonctionnent comme un autoportrait en triptyque. Dans Myself, Antonella Bussanich dévoile son visage à travers un voile, dans Sand Painting, ses mains inventent des symboles inconnus à travers le sable. La marche infinie, vidéo encastrée dans le lutrin, donne à voir les pas réguliers d'une femme. Sa marche est scandée par une litanie grisante reprise d'un rituel oral de guérison des indiens navajo. «I walk with beauty all around me, I walk with beauty above me, I walk I beauty».
Cette pièce s'impose comme la plus mystérieuse et captivante des trois. C'est ici qu'est le plus palpable, le travail singulier d'Antonella Bussanich. Prochainement programmée dans le cadre d'événements multimédias (à La Gaieté lyrique en septembre prochain), utilisant, une caméra numérique, l'artiste s'inscrit en total décalage d'un usage exalté des nouvelles technologies. Très loin des vertiges suscités par les possibilités infinies de montage, l'artiste garde le continuum des séquences et retouche ses images au minimum. «J'utilise avec parcimonie tous ces moyens. La caméra me permet de capter mon rythme inhérent, mon sens de l'espace, ma pulsation interne... L'ordinateur me permet de mémoriser et d'analyser ces expériences», explique t-elle. Filmant très peu, elle se prépare, sent, puis saisit des instants sur le vif. L'improvisation comme outil de composition s'inscrit au cœur de son rapport à la vidéo. La présentation au Cube constitue une première entrée subtile dans son travail. Antonella Bussanich déploiera dès le 4 juin une autre vidéo installation dans le parc de Maubuisson. A suivre au plus près.

www.antonellabussanich.antonyhequet.com/
le site de l'artiste

Vues imprenables
Du 4 juin au 1er décembre
Domaine départemental de Maubuisson Saint-Ouen-l' Aumône
Tel : 01 34 08 02 72




Laetitia SELLAM,
Publié le 2003-05-28

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu
Thème(s) : art visuel,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Laetitia SELLAM (rédacteur), Antonella BUSSANICH (plasticien),
Passage(s) : Le Cube, centre culture multimédia Issy-les-Moulineaux 92130 ,
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir :