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Coupes sombres
Ce n'est plus l'austérité, mais la débandade : moins 20% du budget 2003 de l'Association française d'action artistique ; moins 40% des budgets culturels de la Ville de Paris pour 2004 !
A peine un sujet d'inquiétude semble t-il se refermer que s'en ouvrent d'autres...
Sur le dossier des intermittents du spectacle et de l'audiovisuel, Jean-Jacques Aillagon a précisé le 22 mai dernier, lors d'un point presse, «l'attachement» du ministère de la Culture et de la Communication "au maintien d'un régime spécifique pour les intermittents dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle, et au maintien du seuil actuel des 507 heures". Il a notamment indiqué que «le Gouvernement ne donnerait pas son agrément à un accord entre partenaires sociaux qui conduirait au basculement du régime des intermittents dans l'annexe IV (travail temporaire)». Dans un communiqué commun avec le ministère des Affaires sociales, il est préconisé des mesures qui «visent à renforcer la viabilité du régime spécifique d'assurance chômage par une meilleure connaissance de son fonctionnement, une amélioration du recouvrement des cotisations des employeurs et des salariés et le renforcement de la lutte contre le travail illégal dans les secteurs de l'audiovisuel, du cinéma et du spectacle vivant».
La forte mobilisation des intermittents ces derniers mois semble donc avoir quelque peu infléchi la position du gouvernement. Même s'il convient de rester vigilants (les négociations entre le Medef et les partenaires sociaux doivent se tenir ces jours-ci, entre le 3 et le 11 juin), on peut dire à ce jour que le pire semble évité.
Sur le front budgétaire, si 222 millions d'euros ont été «gelés» par Bercy dans le budget du ministère de la Culture, la rue de Valois affirme que ce gel ne touchera que des crédits «passifs». Le ministre du Budget a toutefois prévenu qu'il réexaminerait la situation de chaque ministère en juin.
Le ministère des Affaires étrangères, lui, n'a pas lésiné. Contraint de trancher dans le vif de ses dépenses, Dominique de Villepin a carrément prévu d'amputer l'AFAA (Association française d'action artistique) de 20% de son budget, soit 3 millions d'euros! Du jamais vu... En milieu d'année, cette brutale amputation intervient alors que la plupart des programmes sont engagés. Pas question pour autant, aux yeux du Quai d'Orsay, de revoir à la baisse les saisons étrangères en France, qui tiennent du jeu diplomatique autant que des exigences culturelles. Ce sont donc les tournées de compagnies françaises à l'étranger, des programmes tels que «Tintas frescas» (sur les écritures contemporaines en Amérique latine), et les résidences d'artistes qui vont subir de plein fouet cette énorme réduction de moyens. Au cabinet de Dominique de Villlepin, on n'était même pas ému outre mesure à l'idée d'annuler la participation française à la Biennale de Venise, à quelques jours de son ouverture...
Dans la capitale, le ciel s'assombrit également sur les projets culturels. Alors que Christophe Girard avait fait du doublement du budget culturel un des objectifs de la municipalité de Bertrand Delanoé, des rumeurs (en partie vérifiées) font état d'une perspective de réduction de 40 % des dépenses culturelles de la Ville de Paris pour 2004. Enorme! Quelles que soient les raisons invoquées (transferts de charges de l'Etat vers les collectivités locales), un tel Trafalgar budgétaire serait un coup dur pour tous ceux qui avaient placé leurs espoirs dans la conquête de Paris par la gauche plurielle.
J-M. A.
Jean-Marc ADOLPHE,
Publié le 2003-05-29
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
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Artiste(s) : Jean-Marc ADOLPHE (rédacteur),
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Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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