Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Controverses à Ajaccio


la sixième édition du festival Île danse



Dans un paysage culturel local assez terne, la sixième édition du festival Île danse, qui se déroulait du 26 au 31 mai à Ajaccio, offrait une diversité à la mesure des vides à combler.


La programmation, en plus de la danse contemporaine, mêlait performances, hip-hop brésilien, théâtre de rue et conférences pour un public exigeant que même les propositions les plus radicales n'effrayaient pas. À côté de certains choix plus consensuels, la directrice du festival, Albine Lombart avait pris un parti assez ambitieux pour ne pas caresser le spectateur dans le sens du poil.
Le spectacle en deux parties de la compagnie belge Peeping Tom fut à l'image de ce mélange des genres: d'abord la projection d'une vidéo tournée dans une boîte africaine de Bruxelles, puis un théâtre dansé, vif et relevé, dans un Jardin déjanté où les danseurs se rencontraient dans des étreintes admirablement chorégraphiées. Ou bien cette pièce pince-sans-rire de la compagnie italienne Kinkaleri, dans laquelle tous les gestes du corps devenaient précaires et miraculeux sous la menace permanente et inexpliquée de la chute. Les îles Sanguinaires étaient investies par les voltigeurs de Retouramont, tandis que sur la place du Diamant, les danseurs de Kumulus s'enfermaient dans des sucettes Decaux. Cette intéressante proposition chorégraphique visant à détourner l'omniprésence publicitaire et «les sécurisantes litanies de signes» qui se chargent «de vous éloigner du monde pour vous rapprocher de vos fantasmes» péchait toutefois par excès de signification: la chorégraphie elle-même est absorbée par l'évidence de son propos, nous rappelant en passant qu'une proposition critique n'est pas forcément alternative. Plus pertinentes, les performances du groupe Akenaton (Philippe Castellin et Jean Torregrosa): l'une d'elles consistait dans la disposition minutieuse de petites capsules rouges en cercle sur le sol, suivie de leur écrasement jubilatoire et la libération du contenu sanglant des capsules. Des performances qui, à Ajaccio, ont d'autant plus d'impact que l'île n'a rien d'une panacée pour les artistes contemporains, et l'on se souvient qu'il y a deux ans, un incendie très probablement criminel avait détruit 80% des œuvres du Frac de Corse. La pugnacité d'Albine Lombart n'en est que plus méritoire.


Cédric LAGANDRE,
Publié le 2003-06-05

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Cédric LAGANDRE (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

A voir :