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La dette, cadeau empoisonné
Chapeau : Entretien avec le chanteur burkinabé Zêdess qui dénonce la dette, ce «cadeau empoisonné», au Contre-sommet du G8.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
ZÊDESS chanteur
Texte : ANNEMASSE (Haute-Savoie). Le chanteur burkinabè Zêdess, qui participe samedi au concert de clôture du Sommet pour un autre monde, contre-sommet du G8, dénonce le «cadeau empoisonné» du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à l'Afrique: la dette.
«
Après avoir beaucoup lu sur les fameux plans d'ajustement structurels imposés par le FMI, j'ai eu la conviction que c'était trop sérieux pour qu'on n'en parle pas», a expliqué Zêdess, lors d'un entretien avec l'AFP.
«
C'est 40% du budget de nos pays qui ne servent pas à autre chose que rembourser la dette!», s'est insurgé cet auteur-compositeur autodidacte de 37 ans. «
On ne peut pas demander à quelqu'un de courir et de se gratter les fesses en même temps», a-t-il dit, reprenant un proverbe populaire.
Autrement dit, «
on ne peut pas demander aux pays africains de se développer tout en leur demandant de couper dans les budgets de l'éducation, de la santé et de rembourser la dette».
Au Burkina Faso, «
les gens n'ont pas les moyens de s'acheter un journal tous les jours (et) la musique est le véhicule populaire le plus accessible». Alors, l'artiste a «
la prétention de croire» que cela pourrait être «
le cinquième pouvoir» parce qu'en «
trois minutes sur les ondes, vous pouvez faire passer un message».
Sa chanson sur la dette raconte l'histoire d'une malade (l'Afrique) et de deux médecins à son chevet (banque mondiale et FMI): ils diagnostiquent le mal (la pauvreté) et prescrivent un médicament, le PAS (plan d'ajustement structurel).
Malheureusement, le médicament a des «
effets secondaires» comme des diarrhées (privatisations, coupures dans les budgets sociaux), a ajouté Zêdess, avant d'entonner le refrain: «
la Banque mondiale et le FMI sont nés pour distribuer des cadeaux empoisonnés».
Cela fait une dizaine d'années qu'il dénonce en chansons les innombrables maux qui frappent l'Afrique, ou tout simplement les difficultés de la vie quotidienne.
En 1992, sa première cassette «
bidouillée dans un studio maison» à Ouagadougou s'appelle
Y'a du boulot. «
Je voulais sonner l'alarme sur la question du chômage, et notamment des étudiants diplômés, cette génération martyre», a affirmé Zêdess.
Il accède à la notoriété dans son pays en 1995 avec une chanson - devenue «
quasiment hymne national» - décrivant dans le langage de rue une spécificité de Ouagadougou: les mobylettes appelées «chars», dont la «
fonction sociale est très importante».
L'accession à la scène internationale intervient deux ans plus tard avec
Où allons nous, qu'il décrit lui-même comme «
une vision très critique de la société occidentale de consommation où le rendement est devenu la seule valeur».
AFP
Date de publication : 05/06/2003
Mots-clés : Afrique
Inséré le : 05/06/2003 00:00