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Seconde Edition
Biennale de Valencia
Chapeau : La Biennale de Valencia investit pour sa seconde édition le thème de la Cité idéale. Une manifestation déclinée en de nombreux évènements.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Léa GAUTHIER rédacteur
du 11/06/2003 00:00 au 30/09/2003 00:00
Valencia Espagne
jusqu'au 30 septembre
Texte : La seconde Biennale de Valencia à ouvert ses portes ce week-end sous la direction de Luigi Settembrini. Au menu, une programmation transdisciplinaire qui allie les recherches de plasticiens, vidéastes, designers, architectes, metteurs en scène et musiciens autour d'un questionnement sur la
Cité idéale. La manifestation se décline en plusieurs expositions qui rythment l'espace urbain et offrent un panel d'approches problématiques. Avec
Solares (or on optimism), Lorand Hegyi invite les artistes à intervenir sur les murs d'immeubles adjacents aux espaces en friche du centre ville, proliférant à Valence. Ainsi au détour d'une promenade nocturne on découvre des pièces de Marina Abramovic, Bertrand Lavier, Mihael Milunovich ou Pascal Pinaud, et en cherchant les œuvres dans les rues étroites de Valence, on découvre la ville : double jeu de la curiosité qui met l'art à la portée de chaque regard. L'ancien directeur du musée Ludwig de Vienne a su, à travers
Solares, créer le liant de cette biennale. De leurs côtés, Jean Louis Maubant et Francesco Jarauta orchestrent dans
Micro Utopies un fin rapprochement entre quelques quarante plasticiens, vidéastes et architectes de générations différentes. Ici, la construction du présent s'effectue par tâtonnements successifs. Sans jamais apparaître tout à fait autoritaire, l'utopie s'impose comme une pratique artistique et réflexive qui permet de déplacer les espace/temps, d'ouvrir une brèche dans la réalité. Même si les travaux présentés ne sont pas d'égale qualité, le croisement des générations, des média, des genres offre au public attentif une déambulation en feuilleté, comme un parcours ni guidé ni hiérarchique au cœur des aventures avant-gardistes et de leurs relectures contemporaines. Avec le
Musée du passé imparfait, le cinéaste anglais Mike Figgis nous plonge dans l'atmosphère lourde d'une vieille maison valencienne. Il scénarise le parcours, privilégiant des angles, offrant des lectures qui jamais ne nie la spécificité du lieu mais la révèle plutôt. Le parti pris esthétique est parfois contestable, mais Mike Figgis offre la tessiture d'un décor de cinéma dont l'artificialité révèle l'ancrage du temps dans l'espace et en joue parfois jusqu'au burlesque. Un bémol cependant dans le déroulement de la biennale : Will Alsop et Bruce Mclean ont largement raté la mise en espace de leur projet dans l'un des couvents les plus beaux de la ville. En effet, avec
A&M department of proper behaviour, les deux artistes voulaient esthétiser l'action d'acheter du mobilier et, par conséquent, de le présenter au public en utilisant des stratégies propres aux arts visuels. Le projet pouvait, pourquoi pas, donner lieu à une réalisation intrigante mais au bout du compte, il n'en est rien. Au fil des salles le projet reste opaque, inabouti et les stratégies de monstration relèvent finalement du cliché.
Malgré cette ombre au tableau, la Biennale de Valencia a réussi le pari de sa seconde édition. Durant l'été des interventions ponctuelles viendront se superposer aux expositions Comme la pièce de Carol Rocamora,
I Take your hand in mine, mis en scène par Peter Brook (du 23 au 27 juillet) ou encore les
Barbarian Comedies de Valle Inclan dirigées par le cinéaste Bigas Luna (du 30 septembre au 12 octobre).
Date de publication : 11/06/2003
Inséré le : 11/06/2003 00:00
Thèmes : arts plastiques, vidéo, architecture, design,