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Rêves et conflits, cités idéales etc.

Chapeau : Les Biennales d'art contemporain se multiplient. Petit tour d'horizon, de Venise (50e édition) à Valencia, Prague et Luléa...

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Léa GAUTHIER rédacteur

du 01/06/2003 00:00 au 30/09/2003 00:00
Salle : Biennale de Valencia
Valencia Espagne

jusqu'au 30 septembre

du 15/06/2003 00:00 au 02/11/2003 00:00
Salle : Biennale de Venise
San Marco, 1324/a Ca'Guistinian
0039 041 521 87 11
Venise 30124 Italie

jusqu'au 2 novembre

du 28/06/2003 00:00 au 17/08/2003 00:00
Salle : Biennale de Luléa
Stockholm Suède

du 28 juin au 17 août

du 29/06/2003 00:00 au 29/08/2003 00:00
Salle : Biennale de Münsterland
Ahlen Allemagne

à partir du 29 juin

du 26/06/2009 00:00 au 28/08/2003 00:00
Salle : Biennale de Prague
Prague Tchéquie

du 26 juin au 26 août


Texte : Cet été c'est la valse des biennales d'art contemporain. Il y a bien sûr la prestigieuse Biennale de Venise, mais aussi la toute nouvelle Biennale de Prague, la seconde édition de la Biennale de Valencia, la Biennale de Luléa en Suède, la Biennale de Münsterland en Allemagne. Entre elles, il n'y a pas grand chose en commun, certainement pas l'ampleur, ou le prestige, pourtant toutes misent sur une communication ornée de superlatifs. Un peu partout dans le monde l'art contemporain semble ainsi se construire des plate-formes de représentation. Les Biennales deviennent des rencontres professionnelles incontournables aussi bien pour les artistes que pour les commissaires, les galeristes, les institutionnels ou les critiques. Comme pour les saisons de la mode, les biennales expriment les tendances artistiques du moment, donne des repères au marché de l'art qui s'ordonne au gré des foires au nombre desquelles la toute récente foire de Bâle, en mai dernier.
Récapitulons. La Biennale de Venise plus ancienne des biennales (créée en 1895) s'inscrit pour son 50e anniversaire sous le vaste thème Rêves et conflits et a pour sous titre La dictature du spectateur. Outre l'organisation générale, Francesco Bonami propose trois expositions : Retards et Révolutions, Clandestins et Peintures/paintings. Huit autres expositions sont réalisées par des commissaires invités parmi lesquels Catherine David qui propose une exposition sur les Représentations arabes contemporaines, Hou Hanrou présente Zone d'urgence, Igor Zabel Systèmes individuels, Gabriel Orozco, Le quotidien altéré et Rikrit Tiravanija Station utopie en collaboration avec Molly Nesbit et Hans Ulrich Obrist. La 50e édition de la biennale s'inscrit ainsi dans l'actualité tourmentée, orchestrant tout à la fois un regard panoramique de/sur l'art en associant des artistes confirmés, historiques à de tout jeunes artistes.
La seconde édition de la Biennale de Valencia sous la direction de Luigi Settembrini offre pour sa part une programmation transdisciplinaire où plasticiens, vidéastes, cinéastes, architectes, designers, metteurs en scène et musiciens questionnent la notion de Cité idéale. Des mises en scènes de Peter Brook ou Bigas Luna viennent par exemple ponctuer le déroulement de cette manifestation qui s'encre principalement autour de quatre interventions. L'ancien directeur du Ludwig Museum de Vienne, Lorand Heygi, présente avec Solores des interventions d'artistes sur les murs des espaces en friche du centre ville. Jean-Louis Maubant et Francesco Jarauta proposent dans Micro-Utopies un fin rapprochement entre quelques quarante artistes et architectes. Micro-Utopies est une déambulation au cœur des aventures avant-gardistes et de leurs relectures contemporaines. Le cinéaste anglais Mike Figgis construit dans une vieille demeure bourgeoise un Musée du passé imparfait où le parcours scénarisé offre une approche en feuilleté de l'espace/temps. Enfin, les Will Aslop et Bruce Mc Lean tentent à travers A&M department of proper behaviour de construire un espace intime du marché mobilier. La première biennale de Prague s'inscrit de son côté sous le thème Les périphéries deviennent le centre. Interpellant une réalité géopolitique on ne peut plus actuelle, cette toute nouvelle biennale réunit autours de vingt commissaires près de deux cent artistes internationaux. Au regard des budgets alloué à l'organisation de la biennale de Valencia et surtout de Venise, celui de la biennale de Prague semble dérisoire puisqu'il serait de 100 000 euros, cette manifestation apparaît comme l'occasion de découvrir de jeunes artistes repérés par des commissaires confirmés.
Si la Biennale de Prague se présente comme «le plus grand événement artistique en Europe centrale cet été», La Biennale de Luléa en Suède déclare quant à elle être «le plus grand événement artistique jamais réalisé dans le grand Nord». Cet événement avance sa dimension internationale avec plus d'une quarantaine d'artistes venant de France, d'Allemagne, d'Espagne, du Canada, de l'Afrique du sud ou du Japon par exemple. Plus modeste, La Biennale de sculpture de Münsterland présente les projets en espace rural de quinze artistes dont Monica Bonvicini, Ann Véronica Janssens, Mathieu Mercier ou encore Simon Starling.
Alors que le spectacle vivant se construit depuis longtemps déjà autour de festivals qui rythment les saisons, il semblerait que pour les arts visuels, avec d'autres économies et d'autres logiques, les biennales s'imposent dorénavant comme des points de concentration de la présentation des recherches plastiques. Il est toujours possible de les suspecter d'être des vitrines spectaculaires, des instruments de communication politique, cependant l'importance accrue de ses manifestations désigne quoi qu'il en soit un intérêt croissant et international pour la création contemporaine.



Date de publication : 25/06/2003


Inséré le : 24/06/2003 00:00
Thèmes : arts plastiques, arts visuels,