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Journal de voyage


«Paris-Yerevan» et «Prunus Armenicus»



De sa rencontre avec le metteur en scène Xavier Marchand, Olivia Grandville effectue entre 1997 et 1998 plusieurs séjours en Arménie. Deux projets autonomes s'élaborent: Paris-Yerevan et Prunus Armenicus-sept miniatures pour Paradjanov.


Danseuse à l'Opéra de Paris puis au sein de la Compagnie Bagouet, Olivia Grandville conçoit depuis 1991 des projets chorégraphiques essentiellement inspirés de textes d'écrivains et de plasticiens tels Lewis Caroll, Kurt Schwitters ou encore Robert Walser. De sa rencontre avec le metteur en scène Xavier Marchand, engagé alors dans un travail théâtral autour d'auteurs contemporains non européens, elle effectue entre 1997 et 1998 plusieurs séjours en Arménie. La découverte de travaux méconnus du cinéaste Paradjanov -collages, dessins, meubles- remplace par l'enthousiasme la déception d'une recherche infructueuse d'auteurs. Deux projets autonomes s'élaborent. Paris-Yerevan, conçu par Olivia Grandville, et Prunus Armenicus - sept miniatures pour Paradjanov, une collaboration entre elle et le metteur en scène.
En juin 1999, elle convie Haïm Adri, Isabelle Celer, Aurélien Desclozeaux et Samuel Lettellier, à entreprendre le voyage de Paris à Yerevan. Rencontres humaines, rédaction de carnets de voyage individuels, prise d'images photographiques et vidéographiques, enregistrement de sons et de témoignages, collecte d'objets hétéroclites, visite de tout le pays depuis Yerevan. Retour à Paris. Écriture de Paris-Yerevan dans la foulée de l'expérience vécue. Un dispositif simple. Dans un esprit de partage plus que dans une volonté de représentation, douze moniteurs délimitent un cercle. Les danseurs s'inscrivent à l'intérieur, les spectateurs autour. Ils suivent le déroulement du voyage du jour du départ au jour d'arrivée, à travers les dates portées sur les quatre carnets. Dans cette suite de dates anecdotiques résonne soudain celle du 24 avril 1915, début du génocide du peuple arménien. Dans un même souffle, la pièce mêle images tournées sur place -une fontaine, un marché, la route-, photographies -visages, paysages-, collections d'objets rapportés disposés au sol sur des étals -savons, sacs plastiques, couvercles de boîtes de confiture-, situations vécues rejouées -les périlleux déplacements en bus, la naïveté du touriste-, et confrontation du corps contemporain aux figures de danses traditionnelles. À touches sensibles, Paris-Yerevan superpose un temps chronologique et une mémoire intemporelle.

Carole BODIN,
Publié le 2000-04-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : voyage, Arménie,
Artiste(s) : Xavier Marchand (metteur en scène), Carole BODIN (rédacteur), Olivia GRANDVILLE (chorégraphe), Paradjanov (cinéaste),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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