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des arts visuels aux (nouveaux) médias
Nouvelles formes de représentation
Chapeau : Reproduction, duplication, simultanéité. . . les nouveaux modèles de représentations offerts par les NTCI précipitent les artistes trans-genres, trans-supports dans l'expérimentation d'une pratique de «fiction(s) du réel».
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : analyse (Mots-clés : )
Genre Ressource : texte d'analyse
Apparence :
Rubrique : 14
Anne-Marie MORICE rédacteur
Pierre HUYGHE plasticien
MOHOLY-NAGY plasticien
Nicolas MOULIN plasticien
Texte : Les démarches artistiques ne prennent un sens que quand elles sont nommées. Les «Beaux-Arts» devenant «arts plastiques» dans les années 80 afin de tenir compte des recherches contemporaines ont placé en porte-à-faux ceux qui depuis plus de cent cinquante ans qualifiaient l'oeuvre en fonction des techniques qui la créent. Photographie, cinéma, art-vidéo, fax-art, copy-art, holographie, art électronique, art numérique. . . chaque technique induisant une relation particulière à la matière, au temps, à la mémoire, à l'espace, à l'intervention de l'artiste et du public. Cette attitude-ci semble appelée à disparaître depuis que la démocratisation des instruments d'enregistrement et de représentation dont dispose l'artiste lui permet de les maîtriser aisément et de les utiliser en fonction de son projet. Dès lors tout plasticien peut introduire dans son travail le studio numérique sans pour autant se réclamer de l'art technologique. Quant à ce dernier label, il est devenu suspect depuis la récupération de l'imagerie numérique dans les parcs à thèmes et les studios hollywoodiens.Les nouvelles générations de plasticiens, nés dans la culture des médias et des technologies, rompent avec les discours avant-gardistes des pionniers qui pensaient comme Moholy Nagy que l'artiste se doit de «contribuer à la création de son époque avec les outils de son époque». Ainsi Pierre Huyghes, né en 1962, jusque-là connu pour ses reprises autour du medium cinématographique, a choisi de piloter par un puissant ordinateur l'ensemble de ses pièces présentées au Pavillon français de la Biennale de Venise. Cependant, on ne trouve là ni feux d'artifice d'images en trois dimensions, ni gadgétisation. Déception pour les prophètes de l'interactivité qui permettrait au spectateur «cliquomaniaque» de participer à l'oeuvre: le système est autonome et, quoique invisible, il impose son rythme au public. La fresque de Pierre Huyghes dresse un constat tourmenté de la fin du XXe siècle, interroge l'idée de progrès par des données géopolitiques, sociales, consumméristes. Ni tout à fait concentrationnaire, ni vraiment neuromantique, mais certes inquiétante, la technosphère façonne notre vie, technicise nos connaissances. L'art à base informatique représenté actuellement en France par Miguel Chevalier, ou Maurice Benayoun, fait corps avec l'esthétique de son support. Plongeant dans les spécificités d'un médium qui est aussi un processus, les oeuvres réalisées semblent jongler avec la complexité technologique tout comme le font les jeux vidéo, l'imagerie scientifique, les génériques de télévision ou l'univers du bureau et deviennent donc affaires de spécialistes. Alors que rompre avec l'illustration des nouvelles technologies en tenant compte de leur présence et des enjeux qu'elles représentent devient une problématique de l'artiste contemporain.
Date de publication : 01/10/2001
Mots-clés : art visuel, installation
Inséré le : 01/10/2001 00:00
Thèmes : arts plastiques, multimédia,