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Naufrager
Dans After Hate présenté au Frac Basse Normandie de Caen, Bruno Peinado met en espace une crise de régime des images-reines.
L'univers de Bruno Peinado est un monde disloqué : reconstitution visuelle d'un glané qui ne s'impose pas comme innovant. L'artiste saisit des motifs sans grille de sélection précise. Il les reproduit sur des médias hétéroclites. Il opère des projections formelles. Parfois, ça dégouline, c'est bancal ou cassé. Le motif ripe sur son support, alors le support devient motif, ou pas. Jamais les installations de Bruno Peinado ne font histoire, elles créent un univers sur le fil. Règne de l'indifférenciation première. Juste un regard, là pour capter. Juste des mains, là pour reproduire, mettre en espace. Slogans politiques d'une cause jouée, images éculées, symboles détournés, autant de signes qui n'ont d'autre chair que la relation qui les lie entre eux, au lieu toujours singulier de l'exposition. D'aucuns pourraient parler du travail de Bruno Peinado comme d'un travail néo-pop, décoratif. Pourquoi pas ? Mais l'artiste dépasse la simple répétition du même. Il joue sur la distorsion de l'espace/temps pour interpeller le flux indifférent des représentations, pour les faire, les laisser, dérailler.
Léa GAUTHIER,
Publié le 2003-10-06
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : critique
Thème(s) : installation,
Mot(s) Important(s) : nomade, exil, installation,
Artiste(s) : Bruno PEINADO (plasticien), Léa GAUTHIER (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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