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Mozart interlope
Poète d'humanités en marge, le chorégraphe Alain Platel remet sur le métier une œuvre étonnante, dans laquelle le plus grand raffinement se mêle au prosaïsme le plus cru. Après Purcell et Bach il s'attaque à l'univers de Mozart qu'il donne à entendre dans un décor de centre commercial. Le Festival d
Mozart, donc. L'idée vient d'une proposition soumise au chorégraphe, il y a des années, par Gérard Mortier, aujourd'hui directeur artistique de la RuhrTriennale (qui co-produit la création). «Gérard Mortier voulait un opéra. Je n'étais pas un grand amateur de la musique de Wolfgang Amadeus. J'étais simplement étonné par la fascination qu'il exerce sur tant de gens. J'ai écouté toutes ses œuvres et opéré une sélection basée sur le mélange d'une cinquantaine de pièces.» Mozart est un excentrique qui se consume au quotidien. Le quotidien, l'ordinaire, le banal, voilà ce qui intéresse Platel. À partir de là, l'affaire est dans le sac. Son Mozart jumellera le prosaïsme d'un centre commercial au sublime de la musique, les refrains devenus rengaine de Céline Dion aux grands airs de trois chanteuses classiques, le hip hop saccadé à un «Agnus dei» tout de recueillement, le baston dans un couloir de HLM aux cuivres assourdissants du grand orchestre.
Muriel STEINMETZ,
Publié le 2003-10-07
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : création
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : quotidien, musique, création,
Artiste(s) : Alain PLATEL (chorégraphe), Muriel STEINMETZ (rédacteur), MOZART (compositeur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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